11/16/2009

Hélène Martin chante -Le condamné à mort


SUR MON COU sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô Traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

Jean Genet

A l'occasion d'un gala donné à Douai en 1964, Hélène MARTIN est interviewée et chante "Le condamné à mort" de Jean Genet.
Ce très beau poème, magnifié par la musique d'Hélène MARTIN et par sa voix


Jean Genet lui disait : "vous avez une voix magnifique, chantez-le où vous voulez et quand vous voulez !",


a également été interprété par de nombreux chanteurs, notamment Marc Ogeret, et récemment repris par Etienne Daho (en 1998)



Pour plus de détails, une visite s'impose sur le site officiel d'Hélène MARTIN :
http://www.helene-martin.com/

I won't do a thing until you lick it ... .

To have done with the judgment of god

'its judgment that kills us'

Snippest of the 1963 film version/adaption
the balcony
LE Balcon

_______________

Lick it! Lick it!








scene with the judge
Look here if Im to be amodel judge you have to be a model thief
Dont face me face the jury
and speak up speak up

I m not guilty of anything they forced it out

they dragged me out of bed in the middle of the night
Do you expect these good people to believe you?
but its true your honor it's true





One time


I dressed up as a lady I put on black suit...
I had a black straw hat ... a veil and black shoes...
and uh
somebody said you know she looks like a model....

Describe what you stole

I stole perfume and a flashlight

a potted plant
two dozen turkish towels
Money? No
No real bread
Why did you steal bread my child
I wa s hungry

O wonderful sublime! I am the supreme judge you are the supreme criminal


I was hungry
I also stole a scarf

Now we come to the crux of the matter
Why did you steal a scarf Who were you planning to strangle~?

Why? tell me!

Are you a thief or a strangler


Yes yes its true.......

No no the confession comes later....

yes, deny deny then repent

I wanna see real tears

in your eyes

I was brusies and tears real ones of repentence

Wet as a meadow

On one condition dear little judgy

I want you to crawl

I want you to crawl
I want to

Crawl






Lick it!


Again

(whispers)



1963 film adaptation of Jean Genet's play. Ruby Dee & Peter Brocco.


11/04/2009

Toutes les images du langage :



Toutes les images du langage : Jean Genet, Sous la direction Frieda Ekotto, Aurélie Renaud et Agnès Vannouvong, Fasano Schena Editore/Paris : Alain Baudry et Compagnie Éditeur, coll. « Biblioteca della ricerca », 2008, 228 p., EAN 9782357550209.

Un volume consacré à l’écriture de Jean Genet, à son détournement des stéréotypes, et aux jeux des images dans la langue vient de paraître, confrontant les points de vue de divers chercheurs autour de la notion de déréalisation des êtres présents comme spectres ou simulacres, de l’usage de l’argot et des jeux de mots, de l’esthétique camp ou queer et de la reprise de la figure de Carmen. L’inspiration fournie par Genet à des écrivains marocains, mais aussi son rôle fondamental dans une vision nouvelle des rapports entre Noirs et Blancs est en jeu dans ces recherches. On voit que, depuis les approches esthétiques jusqu’à celles qui jouent sur la signifiance des réseaux verbaux, en passant par une vision politique de l’œuvre, des modes d’entrée très divers sont proposés ici. De telles lectures de Genet, tantôt très engagées, tantôt plus ontologiques, se distinguent, tout comme s’opposent les visions qu’en ont les metteurs en scène interrogés dans l’ouvrage. En effet, ce riche volume offre en outre, point d’orgue et miroitement des réflexions théoriques, des entretiens avec des metteurs en scène ayant monté Genet, comme Philippe Adrien, Cristèle Alves Meira, Sébastien Rajon, ou avec l’acteur Michel Fau. Ce volume contient enfin, deux reproductions inédites, l’une d’une lettre manuscrite de Genet remerciant André Breton et Benjamin Perret d’avoir demandé au président de la république qu’on le gracie en 1948, l’autre étant un dessin de Genet encadrant un poème intitulé « Cœur boréal ». Enfin, l’écrivain Gilles Leroy offre des extraits d’un texte encore inédit, intitulé Ange soleil, et qui s’inspire de l’univers de Notre-Dame-des-Fleurs.

De ce foisonnant travail émerge l’idée que Genet est profondément stimulant par la force de sa langue, qui porte aussi une vision du monde jouant avec les stéréotypes, leur donnant droit de citer pour les détourner. Qu’il faille l’interpréter comme une réponse à l’idéologie de l’époque, ou, plus généralement, comme un questionnement sur ce qui relie l’être à ce qui le précède, à la loi, à la fascination de la violence, fait question dans l’ouvrage et montre la richesse des interprétations étoilées qu’il invite à faire.


L’ouvrage commence par un excellent travail de Patrice Bougon sur la langue de Genet. P. Bougon démontre que le texte de Genet sollicite la fluctuation du signifiant, remplaçant la réalité par l’altération que lui confère sa transposition dans le langage, sous de multiples désignations. En jouant sur les nombreux signifiés du mot « vague » qui flèche aussi bien l’univers maritime dans lequel étaient pris les enfants de Mettray (qu’on destinait à devenir marins), que celui de l’argot (pour le mot « poche) et que la définition adjectivale, Genet démultiplie le texte pour le faire jouer et nous faire jouer à mettre en réseau, intrigues, personnages et dialogues, dans un travail de double entente et de poétisation du langage. La mer devient ainsi le mot-thème d’une variation indéfinie, de l’impossibilité de fixer toute figuration de la réalité. Le récit est donc ponctué de variations poétiques, qui altèrent la mimésis.




Pour René de Ceccatty qui part de la question posée par Hamlet, celle du spectre qui hante la mémoire par l’être du non-être qu’il est pour les vivants, la réalité chez Genet s’efface toujours au profit de son spectre, qui est l’art. Autant dire que l’art, comme simulacre, et le spectre sont reliés comme deux faces d’une même « déréalisation » qui continue à jouer un rôle presque « radioactif » auprès des vivants. Le critique rattache cette spectralité à l’origine d’un enfant qui eut le nom de sa mère, bien que sa naissance fût répudiée, et à qui est impartie une existence au bord du « gouffre » (expression de Genet, dans un Captif amoureux, p. 205), peut-être celle du vide même mais que vient remplir, pourtant, le simulacre.




Pour Michel Corvin, l’usage des stéréotypes par Genet est toujours une pratique « limite » prise entre la convention rabâchée et son détournement, qui suppose pourtant que le cliché reste reconnaissable. Genet dispose « d’un nuancier de postures qui va de l’insolence feutrée à la parodie gamine » (p. 36). Ainsi, le pape est « elle », une apparence costumée ; le bagnard est aussi pris entre le cliché de la brute au grand cœur et celui de l’individu dangereux et fascinant. Genet lui-même devient image de l’écrivain vulgaire mais doué. Le bagne fait partie de son imaginaire, comme lieu d’épanouissement le plus parfait de l’abjection. Mais ce mal absolu est rare dans le théâtre de Genet ; ne demeure alors que son évocation par l’existence spectrale des clichés, traductions qu’est le simulacre, par substitution à l’existence du mal.





Pour Sylvain Dreyer, dans un article très stimulant, la notion de fulgurance doit être ajoutée aux recherches sur le spectre. En effet, y compris dans son engagement politique auprès des Palestiniens et des Black Panthers, Genet reste en marge. Mais l’écriture elle-même, la poésie, occupe précisément, dans son échec à dire le réel, cette même position marginale qu’est celle de Genet : le poétique fait partie de la politique mais la détourne, car l’écriture est incapable de restituer la complexité du réel. Deux manières seulement d’échapper au stéréotype : l’écriture fulgurante et la fragmentation des unités de discours. La vitesse serait une façon d’atteindre le réel au lieu de le noyer dans les méandres du discours : un Captif est un texte méta-poétique puissant qui fait entendre que les images sont d’autant plus fortes qu’elles disparaissent et s’affaiblissent.

Faisant suite à ces réflexions sur le rapport ontologique au simulacre voilant le non être, ou l’exprimant par la poésie, se profilent des articles d’une lecture plus politique. L’hommage de





Frieda Ekotto souligne la prise de position publique de Genet qui, en 1958 avec les Nègres, s’attaque ouvertement à la France colonisatrice. Genet donne ici au Noir le rôle de metteur en scène qui fait comprendre au Blanc comment celui-ci lui attribue un rôle stéréotypé. Le Noir doit donc se débarrasser des mythes qui l’entourent pour maîtriser son destin, au lieu d’être obligé de mimer ce qu’il n’est pas. Dans la révolte cependant, il faut que les Blancs ne meurent pas, que la révolution soit allégorique et soit une comédie, une « clownerie » : les fondateurs de l’indépendance noire sont des poètes, qui permettent la purgation sans les massacres. En outre, en se grimant en blanc pour devenir des clowns, les Noirs font émerger l’altérité en eux. Ce miroitement partagé de l’altérité, où chacun est le simulacre de l’autre, est une des grandes leçons des textes de Genet.




Fabrice Flahutez, quant à lui, montre comment les dessins de Genet appartiennent aux stéréotypes des dessins de forçats ; ils sont en deçà de ce que fait le poète, lequel transcende, par l’écriture et non par le dessin, les catégories existantes. Cependant, dans le dessin, Genet emprunte au vocabulaire des formes de l’Afrique parce qu’il s’exprime contre l’Occident. Le travail plastique de Genet est à la fois secondaire et primordial car il annonce la tonalité des écrits politiques de révolte contre la civilisation occidentale.




Continuant à travailler sur les rapports entre Genet et l’Afrique, l’article de Ralph Heyndels montre comment le tombeau de Genet et l’amour qu’il eut pour le Maroc ont inspiré des écrivains comme Abdellah Taïa ou Rachid O. Dans des ouvrages de ces auteurs, c’est la tombe de Genet qui est fantasmée comme lieu de rencontre amoureuse, lien entre les deux rives de la Méditerranée, moment où se révèle, pour les auteurs, la vocation de l’écriture. Relevant de la légende et du fantasme, la tombe est le lieu d’un imaginaire qui devient véritable source d’action, donnant l’existence à des livres que la visite au cimetière inspire. Mais ces autofictions se révèlent à leur tour de purs simulacres et, pour Rachid O., le moment séminal de la rencontre sur la tombe n’est plus qu’une pure projection, très productive cependant pour l’imaginaire de l’écrivain.



Pour Florence Mercier-Leca, l’entreprise onomastique de l’écrivain est un travail essentiellement poiêtique. Le nom des travestis dans Notre-Dame-des-Fleurs est loin d’être arbitraire car, pour Genet, le langage précède et engendre le réel. « Le nom forge la chose et lui donne son identité ». La nomination crée l’apparence qui engendre l’essence. On voit comment cet article fait un pas de côté, par rapport aux travaux précédents sur le simulacre puisqu’elle montre comment la poétisation est engendrement du réel, dans la fiction tout au moins. Ainsi, loin que le simulacre mime un réel sans l’atteindre, on a l’impression que, pour Mercier-Leca, à l’inverse, le langage, la fiction, bref le simulacre déterminent le réel. En un sens, cet article fait contraste avec plusieurs de ceux qui le précèdent :c’est le pseudonyme des prostituées qui va déterminer leur manière d’être comme si l’être collait désormais à ce qui le désigne.




Aurélie Renaud s’intéresse à l’autre visage de Carmen, l’image de la femme virile qui traverse l’œuvre de Genet. Cette figure mythique semble planer en effet sur l’ensemble de l’œuvre puisque les tantes-filles cherchent à adopter l’apparence extérieure de Carmen, alliance entre sensualité, séduction et force. Cependant, ce qu’elles copient, ce sont les gestes et le costume provocants, non le caractère de celle-ci, les tantes-filles étant, au rebours de Carmen, toujours en situation de sujétion et non de domination : même dans le Journal du voleur, où elles se prostituent, elles le font pour quelqu’un. Ainsi, dans Notre-Dame-des-Fleurs, les attributs de Carmen sont répartis entre deux séries de figures a priori antithétiques : d’un côté, les tantes, dénuées de toute violence et très féminines par leur apparence, de l’autre, Stilitano, un mâle archétypique qui exerce le même pouvoir et la même violence que Carmen. Le coup de force de Genet est cependant de montrer que même les mâles sont guettés par la féminité, en ce sens qu’ils sont porteurs, eux aussi, d’une sensualité féminine, qui rappelle celle de Carmen, et qui, d’une certaine façon, fait vaciller l’identité, fût-ce des plus dominateurs.




Agnès Vannouvong abonde dans le sens d’un tel vacillement en reprenant à son tour la question des apparences dans le théâtre de Genet : le trompe l’œil y est un principe organisateur si bien que le travestissement devient, plus qu’un thème, une véritable esthétique. Semblable au « baroque » qui exista entre le XVIème et le XVIIIème siècle, l’art théâtral de Genet multiplie les prises spéculaires (comme dans Le Balcon), les métamorphoses des personnages, tel le chef de gang devenu jeune fille, dans un mouvement proche de l’esthétique camp (Susan Sontag), où se lit le goût pour l’exagération. L’hybridité y est créatrice : passant de la grande langue aux parlures, dans Notre-Dame-des-Fleurs, Genet ne cesse d’user aléatoirement des embrayeurs, désignant par « il » ou par « elle » les personnages des travestis. Le sujet se présente divisé, hésitant entre soi et l’autre. Mais cette transgression a aussi valeur politique : se travestir, c’est désirer être autre mais c’est aussi désirer le même. L’outrance est là pour faire réagir la communauté à laquelle on refuse de s’identifier, pour montrer qu’il existe toujours une bipolarité entre l’appartenance et la non appartenance au commun. Le transsexuel adopte un geste héroïque qui résiste à la norme : il ne s’agit pas de réclamer des droits mais d’être libre de dérégler le système et de ne pas renoncer à la révolte, dans un jeu avec les identités qui ne les détruit pas mais les démultiplie.

A la suite de ces travaux de critiques littéraires, figurent dans l’ouvrage des interviews de metteurs en scène. Philippe Adrien indique que, dans sa mise en scène des Bonnes, le rituel devait laisser place aux accidents du jeu pour faire vaciller l’ensemble et ouvrir aux possibles du psychodrame, produisant une désaliénation. Cristèle Alves-Meira s’interroge sur la représentation des Nègres et sur sa nécessaire « modernisation » (on ne peut faire jouer des scènes de transes sans un recul nécessaire ; la metteur en scène refuse de restreindre la définition du « nègre » à celle du noir, l’interprétant comme désignant toute personne exploitée, et rejette une lecture uniquement raciale de la pièce, allant même jusqu’à retirer le mot « Afrique » du texte). Elle considère que le plus dur est de rendre compte du hors-scène, des événements réels ou fictifs qui viennent interrompre la cérémonie, montrant l’existence d’un temps caché ayant des répercussions sur le temps vu. Sébastien Rajon, quant à lui, témoigne de sa mise en scène du Balcon où il a souhaité faire un travail visuel fort, même si le texte de Genet use d’une langue magnifique. Il ne lui a pas semblé nécessaire de rendre la question de l’Espagne franquiste mais de montrer comment le pouvoir en général se saisit de la représentation pour en abuser. Pour lui, Genet ne dénonce pas mais transcende les catégories, mêlant le sublime et le « bas ». Enfin, le comédien Michel Fau, qui interprète Madame Irma dans Le Balcon perçoit son personnage comme la synthèse de toutes les femmes, de l’humanité, passant du lyrique au trivial. Jouer Genet est à la fois subversif et gracieux car la langue y est magnifique. On peut jouer Genet comme du Shakespeare ou du Victor Hugo, comme tous les auteurs « excessifs ». Et cet univers n’est pas éloigné de celui de Claudel même.




Se terminant par un texte inédit de Gilles Leroy et par un dessin accompagné d’un poème de Genet, l’ouvrage est donc d’une richesse extrême. Il pose les questions frontales du rapport au simulacre qui apparaissent comme nodales chez Genet, laissant voir tout un éventail de positions quant à la valeur d’un trompe l’œil, fantasme incapable de saisir le réel (complexe ou perdu, ou inaccessible), tantôt approche de la vérité, suscitant le réel lui-même et l’engendrant par l’art et la nomination. Et c’est dans ce conflit des interprétations que le lecteur pourra trouver à argumenter, en enrichissant sa connaissance de Genet, à travers la difficile question des stéréotypes pris et mis à distances, des typifications dangereuses et remises en cause par leur usage subversif. L’ouvrage permet ainsi au lecteur de déployer une lecture ontologique ou politique de Genet, que celle-ci ouvre la voie à un appel à la libération et/ou au questionnement identitaire de chacun.

Publié sur Acta le 2 novembre 2009

Pour citer cet article : Béatrice Bloch , "Le détournement des stéréotypes chez Genet", Acta Fabula, Notes de lecture, URL : http://www.fabula.org/revue/document5261.php





Le détournement des stéréotypes chez Genet

9/30/2009

extrait de virginie despentes

- Pourquoi tu fais pas un effort quand tu parles ? Tu fais racaille, c'est insupportable. T'as vu où t'habites maintenant ? Et ça fait des années que t'es dans des endroits classes...
- Je la parle couramment leur langue de tapette, mais tu causes pas avec ça, c'est pas une langue vivante, c'est du cafouillage de cerveau broyé pour cerveaux de tafiole, tu vois de quoi je parle ? Fesses bien serrées, le ton qui monte pas, rien qui sort. Autant fermer sa gueule, tu vois... Moi, mieux je la parle, moins je la sens leur langue.

9/07/2009

Rembrandt

(two pieces )
(of)



Something which seemed to resemble decay was in the process of cankering my former view of the world. One day, while riding in a train, I experienced a revelation: as I looked at the passenger sitting opposite me, I realized that every man has the same value as every other. I did not suspect (or rather, I did, I was obscurely aware of it, for suddenly a wave of sadness welled up within me and, more or less bearable, but substantial, remained with me) that this knowledge would entail such a methodical disintegration. Behind what was visible in this man, or further – further and at the same time miraculously and distressingly close – I discovered in him (graceless body and face, ugly in certain details, even vile: dirty moustache, which in itself would have been unimportant but which was also hard and stiff, with the hairs almost horizontal above the tiny mouth, a decayed mouth; gobs which he spate between his knees on the floor of the carriage that was already filthy with cigarette stubs, paper, bits of bread, in short, the filth of a third-class carriage in those days),
I discovered with a shock, as a result of the gaze that butted against mine, a kind of universal identity of all men.

Des milliers d'Israéliens manifestent contre la guerre à Tel Aviv


-------------------------------- __________________ Remark
the diversity of protest ~ the world is no block size group of any. but many.

Vidéo en hébreu sous-titré en anglais


via

Le poireau ROUGE pour RESISTER à SARKOZY

9/04/2009

Kvisa Shchora--Black Laundry ~~War is horrible

________________________________________ from the place of war
and suffering
human desires
to live
and contest
the false authority
of tyranny
in its
numerou s shapes




"The women in the photo are Palestinian and Israeli women. They are part of a group of queer activists located in Israel.
The group connects their struggles as queer people
in a conservative nation to colonialism and nationalism
that their nation participates in. They are called
Kvisa Shchora (Black Laundry).The body paint reads
[in Hebrew]: "I have sex with Palestinian women."


black laundryAbout
"Kvisa Shchora" (Black Laundry) is a direct action group of lesbians, gays, bisexuals, transgenders and others against the occupation and for social justice. Kvisa Shchora tries to stress the connection between different forms of oppression - our own oppression as lesbians, gays and transpeople enhances our solidarity with members of other oppressed groups.

We prefer our actions to speak for us, although most of the material we produce is in Hebrew, we try and translate it to other languages as well. (Get in touch if you can help translate into your language). A selection of English flyers in pdf form is available here. Feel free to copy and distribute in your community to spread the word about

Waar! what is it good for?

Absolutely nuthin!

the dance of the genders agains t wa r at hou s an d tiny se x e S__________________________________________________

fags dykes lesbians trans agenst warWhore
_____________________________________________


Ecoutez






émission du vendredi 16 mai 2008
La question de Palestine à partir de 1967 10/14




par Henry Laurens, chaire "Histoire contemporaine du monde arabe",





This post first blogged at Recall to Poetry _______________

_________________________________________________________



------------------------------------------- And at Gush Shalom
Dancing for Liberty and Peace

9/02/2009

Juan Goytisolo: "Conocer a Genet era una aventura de la que uno no salía indemne"







Juan Goytisolo ha presentado Genet en el Raval (Galaxia Gutenberg/Círculo de lectores), crónica de una amistad tan literaria como sentimental. El escritor barcelonés conoció al poeta Jean Genet (París, 1910-1986), uno de sus mayores ídolos literarios, en octubre de 1955, gracias a Monique Lange, “porque Lange nos había invitado a los dos a una cena en su piso de la rue Poissonnière. Yo le admiraba muchísimo desde que leí sus primeras novelas... luego lo traté muy a menudo, y cuando me instalé en Francia, nos hicimos íntimos amigos”.

Pregunta.- ¿En qué circunstancias llegó Genet al Raval?
Respuesta.- El propio Genet lo explicó mejor que nadie en las páginas del Diario de un ladrón, con unas páginas sobrecogedoras sobre su vida en el hampa barcelonés. Se me ocurrió buscar los lugares que él frecuentaba, el callejón o la calle donde solía estar mendigando o prostituyéndose, cuando huyó de la prisión, y encontré un mundo fascinante del que hoy apenas queda nada. La verdad es que conocer a Genet era una aventura de la que uno no salía indemne.

P.- ¿Qué sorpresas sobre Genet y sobre usted mismo esperan al lector?
R.- Bueno, el protagonista es Genet, al que dedico las cuatro partes del libro; en la primera narro la adolescencia y juventud de poeta, cuando se escapó del reformatorio y vivió un año por España y Barcelona, mendigando y robando; en la segunda visito su territorio desde que le conocí personalmente, quizá porque descubro entonces que su expresión literaria, como la de Céline o Beckett , es más hermosa y audaz que la que entonces cultivábamos en España; en la tercera abordo el tema de la ambigüedad política y la radicalidad poética de Genet en relación con el problema palestino; y en la cuarta hago referencia a su muerte y enterramiento en el viejo cementerio de Larache.

P.- ¿Qué aportan las cartas, inéditas hasta hoy, que incluye el libro?
R.- Las cartas son el retrato más cierto de nuestra amistad, aunque algunas de ellas se han perdido y otra haya reaparecido de manera bastante sorprendente.

P.- ¿Cómo describiría el territorio moral de Genet?
R.- Más que moral era un territorio antimoral, de un rigor extremo, nada convencional, más defensivo que otra cosa en unos tiempos muy hostiles.


Nuria Azancot
_________________________________


copied from

El Cultural Es ~

9/01/2009

Leïla Chahid Jean Genet et les palestiniens - Rencontre 1/3/4

Leïla Shahid Genet's dear friend recounts how he ended up in Beirut in 1982 during the worst of the bombardments of that city--- and some of the events leading to the deaths at Sabra and Cha
tila September 16_19-/82 .




Intervention de Leïla Chahid



At this time in his life Genet had throat cancer
and
had not written
anything strictly
literary
in two decades `





Genet had entered the Palestinian refugee
camps of Sabra and Chatila
Sunday morning
he was the first European
to witness
the results
of the massacre
It was not long
afterward that
he wrote
Quatre Heures à Chatila


it is perhaps the writing of
this text
that in part
inspired him
to complete
the book
which was
to become
Prisoner of Love


Leïla Chahid Jean Genet et les palestiniens - Rencontre 4/4


A people like any other....

these talks were given
some 7 years ago...May 2002
since then of course
many people have died
for no reason
.

thousands have died
for no purpose


------------------------------------------


It was she who stood by him in his last days
as he corrected the proofs of Prisoner of Love.


__________________

Noam Chomsky's Book
The Fateful Triangle is a historical account
of the 1982 war.

Robert Fisk writes for the Independent
and has also written
a book
Pity the Nation
which recounts
his
time
in Sabra
&
Chatila ---
He states, and I think he does
so unknowingly
that he and two other
journalists
were among the first Europeans
in the camp
after the slaughter.
He may not know about
Genet
being inside
Sabra and Chatila
as well
.
Someone should ask him .
.
Aside from the wikipedia
link below
are many websites
which discuss
the events
that led to the
massacres at
Sabra and Chatila.

Wikipedia essay about Sabra Chatila

Lecture de Christophe Brault d'Un captif amoureux


"Autant, plutôt par jeu que conviction, j'avais répondu à l'invitation de passer quelques jours avec les Palestiniens, j'y resterai près de deux ans, et, chaque nuit, allongé, presque mort, attendant que la gélule de Nembutal m'endormit, je gardais les yeux ouverts, l'esprit clair, pas étonné, pas effrayé, mais certainement amusé d'être ici où, d'un côté comme de l'autre du fleuve, des hommes et des femmes étaient aux aguets, depuis longtemps, alors pourquoi pas moi?

Mais de cette tête blanche, blanche par sa peau, ses cheveux, sa barbe non rasée, blanche, rose et ronde toujours présente au milieu d'eux que voulaient-ils faire ? Un témoin ? Mon corps ne comptait pas: il portait seulement ma tête ronde et blanche".

Jean Genet, Un captif amoureux
Gallimard – 1986






Christophe Brault Jean Genet et les palestiniens Lecture 2/2






Un captif amoureux est le dernier livre de Jean Genet. Publié en 1986, il marque son retour à l'écriture au terme d'un silence littéraire de près de vingt-cinq ans.

Ecrit dans l'ombre de la maladie et de la mort, dédié aux dernières révolutions du siècle, cet ouvrage n'est pas seulement le plus allègre et le plus apaisé des livres de Genet, il est aussi celui où la longue quête de sa vie se résume.

Avec une ironie constante et une irréductible indépendance de pensée et d'esprit, Un captif amoureux retrace ses séjours dans les camps palestiniens de Jordanie et du Liban entre 1970 et 1984.

S'il retrouve avec les "feddayin" en guerre le goût de vivre et d'écrire qu'il avait perdu, sans doute parce que, exclu parmi les exclus, il découvre auprès d'eux un pays d'adoption, une terre d'asile précaire, un espace paradoxal de sérénité et de paix au cœur de la guerre.

Au centre du récit, passe comme une ombre la figure de la mère qui a manqué à sa vie et qu'à la veille de sa mort, l'écrivain réinvente sous les traits d'une vieille palestinienne.

D'après Albert Dichy


Albert Dichy raconte.... sa rencontre (dig the word play)avec Jean Genet.

Albert Dichy is one of the great French editors of Genet



Albert Dichy Jean Genet et les palestiniens - Rencontre
envoyé par www-colline-fr -

He's recounting Genet's uncanny sense of humour and
that Genet was always handy with reversing roles.




Christophe Brault Jean Genet et les palestiniens Lecture 1/4

Lectures de tLectures de textes de Jean Genet par les comédiens du spectacle Les paravents, dirigées par Frédéric Fisbach : Quatre heures à Chatila, Le captif amoureux ...extes de Jean Genet par les comédiens du spectacle Les paravents, dirigées par Frédéric Fisbach : Quatre heures à Chatila, Le captif amoureux ...
Lecture de Christophe Brault



________________________________________ only one of four videos appears available.

8/31/2009

Genet en el Raval - Goytisolo on Genet


Juan Goytisolo (izquierda), con el escritor Jean Genet en Amsterdam, en 1958.







this
photo from

El jardín 98.





Andorra la Vella (Andorra), 30 ago (EFE)-. 'Él me enseñó una línea moral que he procurado mantener siempre', ha asegurado a Efe Juan Goytisolo en referencia al novelista francés Jean Genet, sobre el que el escritor catalán aborda aspectos de su vida y su persona en su nuevo libro, 'Genet en el Raval' (Círculo).

-------------- Roughly translated
Goytisolo says that Genet taught him to maintain a moral 'line' (an honesty and rigour in all his affairs ) for his entire life as man and writer.

Diario de Ibiza





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Voltaire y el islam
por Juan Goytisolo

Voltaire and Islam
by Juan Goytisolo

In their vehement prosecution of Islam and the state of legal inferiority and submission of women that prevails in a majority of Muslim countries, Taslima Nasreen, Ayaan Hirsi Ali, and other emancipated women of their religious creed have invoked and repeatedly invoke the name of the author of Candide: "Permit us a Voltaire. . . . Let us allow the Voltaires of our time to work in a safe environment on the development of an epoch of enlightenment for Islam."

The call is in general terms just and merits our support, but it demands a series of qualifications, not only for the variety of existing situations in the Muslim world, but also for the multiplicity of positions, often contradictory, that Voltaire takes on the subject. To reduce his vast oeuvre to the tragedy Mahomet or Fanaticism, written in 1739 and premiered at the Comédie Française in 1742, is tantamount to limiting it to a very brief period of his literary and philosophical work. A perusal of his almost boundless Complete Works shows us that the "patriarch of Ferney" and friend of the potentates of this world, like Frederick II of Prussia and Catherine the Great, did not stop expounding his ideas, opinions, and feelings about those whom he called "Mohammedans" -- an erroneous denomination, but common in his time -- in essays, Encyclopedia entries, personal notebooks, correspondence, novels, and theatrical works. If my math doesn't fail me, he did so in more than some thirty texts -- as Etiemble says, "in his adulthood and old age, Voltaire did not stop inquiring [on the prophet and his religion] with avidity that is not incompatible with discernment."





excerpted from


Voltaire and Islam






8/29/2009

burroughs william.... 50 yrs since naked lunch.... a sometim acquaintance.... of Jean Genet


















Also notable, William S. Burroughs quoted in Ed Koziarski's just-posted story:

"There is something about Chicago that paralyzes the spirit under a dead weight of a formalism dictated by hoodlums, a hierarchy of decorticated wops . . . And everywhere the smell of atrophied gangsters, the dead weight of those dear dead days hanging in the air like rancid ectoplasm . . . You suffocate in the immediate past, still palpable, quivering like an earthbound ghost . . . Here the dream is suffocating, more real than the real, the past actually, incredibly, invading the present."

"A formalism dictated by hoodlums" made my week.

All this is in regards to the 50th-Anniversary Celebration of William S. Burroughs's The Naked Lunch, which is detailed in the article, and Jonathan "Yony" Leyser's documentary about the writer:

Trailer for the film William S. Burroughs: A Man Within, a feature-length independent documentary by Chicago Director Yony Leyser, in collaboration with BulletProof Film, Inc.


via the Chicago Reader

8/27/2009

Genet and MeRlEau ~


Another philosopher and poet discus

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here

----------------------------------------f rom
Nikhil Govind
Rhetoric 240G, Spring 2006

In this paper I wish to discuss how Merleau-Ponty’s work may serve as a powerful critique of existing liberal humanist politics predicated as it is on notions of citizenship and rights. The possibility of such a discussion can only be ensured by an overview of the philosophical issues that have shaped Merleau-Ponty’s work- so my paper will begin with such an overview. In view of the enormous density of the philosophical corpus that informs the mind of Meleau-Ponty, my overview can only be modest and schematic. Nevertheless, I believe such an approach to be indispensable- a precipitate interpretation of politics can never be more than superficial, and leads one up into almost as many blind alleys as when one began. After such an overview, and introduction to the salience that Merleau-Ponty’s thought may still have for us, I will use Jean Genet’s 1950 silent, black and white film Un Chant d’amour to open up a still more concrete pathway into Merleau-Ponty’s political thought. In this, I hope one may get a sense of Genet and Merleau-Ponty indirectly engaging each other in common concerns like the need to radically enlarge our universe by multiplying correspondences -we will see how Genet speaks of the autopsy as a sort of depth-photography that reveals a startlingly different world- and by soliciting the slippage of mastery rather than the Cartesian sovereignty of the subject as assuring a more durable route to an inclusive citizenship and democracy. For even if these two thinkers did not seem to engage each other directly, surely at least they were committed to the moment of the common historical trauma of


the years immediately following the horror of the Second World War.



essay on, mostly, genet & ponty