4/20/2014

' .. dans Larache .. . au Maroc


_________________________________________________________


   and
some thing
   older


------------------------------------ and younger   ~




.

François Noudelmann reçoit Hélène Cixous pour son ouvrage Entretien de la blessure: sur Jean Genet.


http://www.franceculture.fr/sites/default/files/imagecache/ressource_full/2011/09/05/4305383/H..jpg


-----------------------------------------------


Jean Genet:                                                     I have a feeling of fellowship with Oswald.












“Playboy: How do you feel about crimes such as that of which Lee Harvey Oswald has been accused? Did you find him boring–or subtle and sensitive?







Not that I was hostile to President Kennedy. I simply wasn’t interested in him.




But I feel that I’m with the lone individual who opposes such a highly organized society as American society or Western society or any society in the world that damns evil. I sympathize with him–just as I do with a great artist who takes a stand against a whole society: neither more nor less. I’m with any lone man. But even though I’m—how shall I put it?—morally with a man who is alone, men who are alone remain alone. Even though I may be with Oswald when he commits his crime—if he did commit ithe was alone. Even though I’m with Rembrandt when he paints his pictures, he, too, is alone.”


________________________________________________________






The Otolith Group Nervus Rerum Jean Genet


9/05/2013

conversation entre Jean Genet et Fernando Arrabal au bord de…

conversation entre Jean Genet et Fernando Arrabal au bord de… une centaine de…

Fernando Arrabal

…conversation entre Jean Genet et Fernando Arrabal  au bord de l’échiquier après la dix-huitième partie de l’après-midi… une centaine de…
Jean Genet et Fernando Arrabal
Jean Genet et Fernando Arrabal








[...dans mon désert d'asphalte, même sans kilt ni windows ni saumons à plumes, j’invente la conversation que nous aurions pu engager à Melilla (Maroc) où je suis né, ou à Larache (Maroc)  où tu es enterré, si nous vivions tous deux dans la Voie lactée ou dans celle du ketchup… : rrbl’s sky…]
Jean Genet .- Ton âme…?
Fernando Arrabal.- Elle vaque dans les nues avec les étoiles.
JG.- Que penserait l’enfant que tu as été s’il voyait l’homme que tu es devenu?
FA.- Tous les matins du monde sont sans retour.
JG.- Pourquoi suis-je célèbre?
FA.- La célébrité est l’opium des triomphateurs. Parce qu’elle donjuanise?
JG.- Et dans ton cas?
FA.- Je suis un tout petit peu célèbre et complètement inconnu, comme mes noeuds papillons.
JG.- Chacune de nos pièces est-elle un combat?
FA.- Le manchot de Lépante a lutté à bras raccourci… jusqu’à ce qu’on donne le Cervantès à Avellaneda?
JG.- Ferais-tu tourner ensemble Poutine et Paris Hilton dans l’un de tes films?
FA.-Je ne filme pas des noces dans des bordels.
JG.- Un personnage historique que tu évoquerais:
FA.- Aucun. Pas même Attila amoureux sur ses vieux jours. Quand le don des larmes lui a fait le cadeau de pleurer toutes celles de son corps.
JG.- Une période où tu aurais aimé vivre pour écrire ?
FA.- Lors du big-bang . Ou à l’époque du Staline adolescent surdoué et fervent séminariste à Tiflis.
JG.- Qui admires-tu?
FA.- Mon père (premier saint et martyr du 17 juillet 1936 à Melilla…guerre civile…).
JG.- Si tu avais un pouvoir illimité, quelle est la première chose que tu ferais?
FA.- L’éliminer. La politique comme échec est une réussite.
JG.- Est-ce que tu danses avec Zarathoustra comme lorsque tu me bats aux échecs ?
FA.- Je ne danse plus que par-dessus ma tête comme le roi et sa femme.
JG.- Es-tu inquiet de ta longévité ?
FA.- La vieillesse est pleine de détours, de plans-séquences et de surprises. Mais jamais de pitres à pointes.
JG.- Et la perte progressive du plaisir?
FA.- Je ne l’ai pas connue dans l’écriture. Même enfant je ne me baignais pas dans l’eau d’Eros.
JG.- Pars-tu en vacances?
FA.- Les vaches, même folles , ne prennent pas de vacances.
JG.- Pourquoi avons-nous tant de prix et même le Pasolini?
FA.- Nombreux sont les prix, nombreux les péchés, mais combien peu sont commis.
JG.- Qui aurais-tu aimé être?
FA.- Je joue le rôle (malheureusement) du bouc émissaire: une mouette sans sous-marins.
JG.- Le pouvoir culturel a-t-il un sexe?
FA.- Oui, c’est pourquoi il communique sous une burqa.
JG.- Un repas pour un poète?
FA.- Mais, que mangeaient donc les paniques avant le panique?
JG.- Que doivent ressentir nos lecteurs?
FA.- La confusion nous enfièvre-t-elle d’une telle fougue qu’elle crée des devoirs? Le cyclope aveugle se distingue mal du borgne.
JG.- Quel est selon toi le plaidoyer politique dans mon œuvre?
FA.- La politique me déroute ou m’ennuie. Je ne parviens pas à m’intéresser à ses ratés ni à ses rites.
JG.- L’accueil (best seller mondial) reçu par ta Lettre à Franco du vivant du dictateur t’a-t-il surpris?
FA.- Les pollutions nocturnes de l’antifranquiste, depuis la mort du  général, sont-elles des glaçons entre les draps?
JG.- Parmi tes définitions («arrabalescos ») laquelle selon toi devrait entrer dans le dictionnaire de l’Académie?
FA.- Il semble qu’il ne puisse y avoir de vases communicants entre elles. Qu’un chameau passe par le chas d’une aiguille est plus fréquent que de trouver le chamelier qui a essayé de le faire .
JG.- Serais-tu inquiet de retourner en Espagne après presque soixante ans d’exil?
FA.- Après une période d’obscurantisme, est-ce que nous traversons les sentiers des mystifications lumineuses ?
JG.- Quelle est notre patrie?
FA.- Nous nous sommes habitués pendant des décennies à l’obstination des inquisiteurs. La colère est comme un cheval emballé.
JG.- Pourquoi les jeunes sont-ils si intéressés par mes écrits, ou par tes films réalisés il y a presque un demi-siècle, comme Viva la muerte?
FA.- Dans mon adolescence j’ai connu des surdoués (très semblables à ceux d’aujourd’hui); ils voulaient un ministère ou rien: ils ont eu les deux.
JG.- Changerais-tu quelque chose au panique?
FA.- La Samaritaine panique a dit à Job : Celui à qui Dieu n’a rien donné, Dieu ne peut rien lui ôter.
JG.- Ton film L’arbre de Guernica , n’a , je crois, rien à voir avec le Guernica de Picasso?
FA.- Dans les ménageries et les musées n’y-a-t-il rien d’aussi aphrodisiaque que l’innocence?
JG.- Tu as connu l’arriviste coco Picasso?
FA.- Tout ce que je pourrais dire de Picasso aurait encore moins d’importance que ce qu’a pensé le ministre basque et républicain Ucelay en 1937.
JG.- Il était génial comme on le prétend ?
FA.- Il était , a-t-on répété, génial. L’enthousiasmante Jacqueline, par politesse, feignait d’être aussi crétine que lui.
JG.- Mais quelle idée as-tu réellement de Picasso dramaturge?
FA.- Je ne dois pas avoir une opinion sur le militant raseur. Je l’ai connu au soir de sa vie. Que les rhinocéros chantent, c’est déjà assez gênant, mais qu’ils volent est insupportable.
JG.- La “révolution” est-elle possible dans un pays civilisé et riche?
FA.- Les banlieues… perdent-elles leurs fêtes et leurs arrabalesques?
JG.- Les barbares sont-ils vraiment  moins civilisés ?
FA.- Ils sont moins riches.
JG.- Ce qui disparaît de nos modes de vie…
FA.- Devient à la mode, et ce qui se démode ressuscite avec nos modes de vie?
JG.- Et la situation d’aujourd’hui avec ses polémiques?
FA.- Je ne suis pas l’ennuyeux feuilleton de l’actualité.
JG.- Le pouvoir de la culture ?
FA.- … çà et là, a-t-elle de moins en moins de pouvoir? C’est pourquoi elle se sert des statistiques comme de songes du désir?
JG.- La Bourse a-t-elle une influence sur le révolutionnaire?
FA.- Est-elle un sanctuaire ? Elle célèbre le miracle de faire de l’argent avec de l’argent.
JG.- A quel genre appartient l’actuelle scène mondiale?
FA.- Le poème actuel est catastrophique, bestial, confus et génial. Lui et la science forment-ils les deux avatars du savoir actuel?
JG.- As-tu repensé aux Titans comme lorsque tu joues l’ouverture orang-outan ?
FA.- Les affreuses et terrifiantes bêtes nommées chimères sont le produit des manoeuvres prométhéennes de l’homme nouveau.
JG.- As-tu une théorie?
FA.- Nous pouvons tous théoriser quant à la part maudite des Terriens parce que nous faisons tous partie de la malédiction.
JG.-Pourquoi est-ce que j’aime l’extrémisme?
FA.- Quand les extrémismes se combattent la raison leur fournit des arguments.
JG.- Beaucoup me considèrent déjà comme un classique. N’est-ce pas un danger ?
FA.- Le danger se dissipe-t-il avec la considération? Il demeure comme le sourire du chat de Cheshire.
JG.- J’éprouve du vertige face à un nouveau millénaire.
FA.-In vino veritas a pensé Noé. L’éléphant a dû se couper la trompe, sa petite queue en était jalouse.
JG.- Pourquoi dit-on que je suis en avance sur mon époque?
FA.- Grâce à son omniscience le dieu Pan a placé les commencements avant les fins.
JG.- Si Cervantès avait réalisé des films…?
FA.- Il aurait filmé sa pièce La confuse.
JG.- Que penses-tu du Panique… now?
FA.- Je ne confonds pas l’avenir de la littérature panique avec l’histoire de la littérature panique.
JG.- Avons-nous, toi et moi, réinventé la provocation comme l’ a écrit The Village Voice?
FA.- La provocation est infantile, centripète et aléatoire. On ne poignarde pas avec la foudre d’un nuage.
JG.- Mais alors : pourquoi nous accuse-t-on d’être des provocateurs?
FA.- On a entendu des choses plus étranges. Les cannibales diabétiques ne mangent pas les fabricants de sucre.
JG.- Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire?
FA.- Dans mon enfance il m’ est passé par la tête de gagner le concours des surdoués, en 1941. On aurait dû me congeler.
JG.- Avons-nous connu le bonheur?
FA.- S’il existait, y aurait-il meilleure qualité que la générosité des walkiries ou de Borges? Philosophons: c’est diurétique.
JG.- As-tu été surpris par l’accueil reçu par ton livre Lettre à Franco (1972) et par ton film Viva la muerte (1970), tous deux également interdits du vivant du dictateur, comme toute ton « œuvre »?
FA.- Quand la vermine tombe malade elle ne s’alite pas.
JG.- Quels sont ou étaient tes rapports avec Pynchon, Louise Bourgeois ou Kundera?
FA.- Avec moins de rapports encore Archimède aurait soulevé la terre. Mais nous ne trempons même pas nos tartines dans du Chanel n°5.
JG.- Qu’est-ce qui pourrait justifier la trahison?
FA.- Rien. C’est un compromis inutile avec notre propre colère suicidaire.
JG.- Crois-tu réellement que, enfin !!!  l’être humain va vers un terme inéluctable, la fin des idées et le triomphe de la violence?
FA.- Vivons-nous une époque de belle myopie? Tuer pour le plaisir semble pis que de le faire par idéal.
JG.- Comment aimerais-tu mourir?
FA.- En dormant, en pleine pollution nocturne.
JG.- Crois-tu que le fait d’avoir eu toute ton œuvre interdite par le régime de Franco soit, vu en perspective, une sorte d’honneur?
FA.- Ce sont les chimpanzés en uniforme qui prononcent les meilleurs discours.
JG.- Mel Gussow (NYTimes) a écrit que tu es le dernier survivant des trois avatars de la modernité: panique, surréalisme et le Collège de ‘Pataphysique. Qu’en penses-tu? Moi je n’ai participé à aucun des trois …  Et je m’en vante
FA.- Je n’ai fréquenté que trois ans le groupe surréaliste en m’y rendant quotidiennement). Pas même un millénaire.
JG.- D’un point de vue politique, qu’était alors ce groupe?
FA.- L’aile culturelle du parti communiste tendance trotskiste.
JG.- Et du point de vue artistique?
FA.- C’était le cercle de révoltés le plus hallucinant et génial de cette époque.
JG.- Et dans ce groupe Jodorowsky , Topor et toi…
FA.- On nous considérait tous les trois comme les plus hallucinants des hallucinants. Par pur autisme.
JG.- Tu es un adepte de la confusion.
FA.- Bien au contraire: je suis presque un fanatique de l’exactitude, des échecs, de la morsure amoureuse dans le derrière, et de la science.
JG.- Mais l’homme panique…
FA.- Même le pénis observe avec peine l’éternel triomphe de la confusion. Aujourd’hui comme au temps de Socrate.
JG.- Le Collège de ‘Pataphysique… pourquoi t’a-t-il nommé transcendant satrape?
FA.- Sans aucun mérite. Et injustement.
JG.- Pourquoi parle-t-on moins des milliers de membres du Collège de ‘Pataphysique que des quatre transcendants satrapes encore en vie : Umberto Eco, Dario Fo, Jean-Christophe Averty et toi?
FA.- Malheureusement Baudrillard et Mandelbrot se sont occultés (décédés, vulgaris) et plusieurs années auparavant, les irremplaçables TS Marcel Duchamp, Ionesco, Man Ray.
JG.- Quelle est ta voie?
FA.- Les hirondelles parisiennes et les pigeons de Larache ignorent la manie démente de toujours emprunter la ligne droite.
JG.- Crois-tu que dans l’au-delà Cervantès ait éprouvé de la fierté quand tu as giflé un présentateur de la TV (le dramaturge Edouard Bear)?
FA.- Cervantès avait de l’humour. La littérature hispanique progresse : tous les jours on invente de nouveaux prix et clowneries.
JG.- Sommes-nous vraiment anarchistes?
FA.- Je me souviens de la réponse politique de Sancho Pansa: “Je ne fais ni ne défais les rois, mais je me sers moi-même qui suis mon seigneur et maître”.
JG.- Pourquoi, quand le maire de Venise, le 6 janvier, t’a présenté à l’Ateneo Veneto (lors de la Biennale de Venise) comme “le dramaturge vivant le plus célèbre du globe”, tout le monde a-t-il été enchanté?
FA.- Parce que nul ne connaît le nom ne serait-ce que d’un seul dramaturge. Ils auraient été encore plus satisfaits si on m’avait présenté comme “Le dernier tigre du Bengale”.
JG.- As-tu lu la liste du New York Times des cent personnes qui ont le plus d’influence dans le monde? Parmi elles pas un seul auteur dramatique, ni un seul poète.
FA.- Nous vivons la Renaissance dans les catacombes. Personne ne cherche à nous acheter. Nous ne vendons rien.
JG.- Et l’obstination des inquisiteurs?
FA.- Je comprends que mes “circonstances” soient insupportables pour Capulets et Montaigus.
JG.- Par insupportables circonstances tu fais allusion à ton père, premier condamné à mort de la guerre civile, à ta lettre au général, à ton oeuvre totalement interdite par le dictateur, à ta présence dans les trois avant-gardes etc?
FA.- Comme nous aimerions voir la lune à plat ventre. Je ne le mérite pas loin de là. Si deux porcs-épics se croisent celui qui a le plus de piquants a la priorité.
JG.- A la mort de Franco tu as formé avec Carrillo, la Pasionaria, Lister et le Campesino le quintette de ceux qui ne pouvaient pas revenir en Espagne… parce vous étiez les plus dan-ge-reux?
FA.- Au bruit de bottes succède toujours le silence des chaussons.
JG.- Les théâtres les plus consacrés programment nos pièces.
FA.- De la plus surprenante manière, voire même risquée. Ou ils ne les programment pas, sans que les masses sortent dans la rue pour manifester et protester.
JG.- Pourquoi en son temps ton Empereur d’Assyrie a-t-il été représenté par l’inoubliable sir Laurence Olivier au Royal National Theatre de Londres?
FA.- Parce que systématiquement la roue de la fortune ne donne pas la réussite aux meilleurs mais aux plus connus.
JG.- Mon théâtre et le tien ont été souvent interdits.
FA.- Par ordre des autorités. La gale intelligente préfère les taureaux rouges.
JG.- Tu dis que nous ne sommes pas des émigrés mais des “desterrados”.
FA.- Je n’ai pas de racines: j’ai des jambes. Je suis de Desterrolandia (Exilande).
JG.- Que penses-tu du temps?
FA.- Le monde est rotatoire. Mais nous voyagerons dans le Temps. Ce n’est qu’une question de budget (K.Gödel ou Lévy-Leblond dixit)
JG.- Comment vois-tu l’avenir?
FA.- Sauf les devins, tout le monde peut prévoir l’avenir.
JG.- La  complexité actuelle…
FA.- Fait que les problèmes changent de nature pour que les solutions paraissent rationnelles.
JG.- Ecrirais-tu un prologue pour mes textes politiques?
FA.- Est-il plus facile de passer par l’achat d’une anguille que de chasser ce sein que je ne saurais boire?
JG.- Quelle est ta meilleure contribution au monde?
FA.- Aucune puisque mes “oeuvres “, nichées en moi, dictent mes écrits?
JG.- Et vice-versa?
FA.- Quand j’ai cessé de croire au Père Noël, (« los Reyes Magos’ »), lorsque j’avais trois ans, je me suis rendu compte que lui n’avait jamais cru en moi.
JG.- Tu prends plaisir à être incompréhensible pour bien des gens?
FA.- Les censeurs et les inquisiteurs, eux, me comprennent, car ils braient et braillent bruyamment , a dit l’hypocrite à l’ hippocrate.
JG.- Qu’est-ce que le surréalisme aujourd’hui?
FA.- Si la politique n’était pas si ennuyeuse il n’y aurait ni poètes maudits ni soldats inconnus.
JG.- L’écrivain est-il minoritaire?
FA.- Comme j’écris à double sens ce serait un triomphe si on me comprenait à demi.
JG.- Et si tu avais  moins de neurones et plus de beauté?
FA.- Je suis si spécial que je ne réussis même pas à me ressembler, pauvre de moi!
JG.- Aimerais-tu forniquer avec un homme?
FA.- La femme panique a des ailes; qui l’embrasse plane.
JG.- Les mathématiques… la barbe !
FA.- Grâce au calcul infinitésimal l’éternité est-elle de plus en plus longue?
JG.- Est-elle pour toi un défi avec ses dilemmes?
FA.- Les hérissons de mer volent quand il pleut des apocalypses.
JG.- Pour beaucoup nous sommes des écrivains « culte ».
FA.- Parce que l’on nous attaque par ouï -dire, on nous loue aveuglément et l’on nous plagie sans nous voir?
JG.- Est-ce que tu t’es permis une fois cinq minutes de superficialité, pour reprendre ta respiration?
FA.- Même les plus purs avouent : dans cent ans, plus de milans.
JG.- Le millénarisme est-il à nos portes?
FA.- C’est étonnant : ni la panne de courant n’impressionne l’aveugle, ni la sottise le crétin, ni le duvet le canard, ni l’éternité l’instant.
JG.- Ton principal défaut?
FA.- Me masturber, comme lorsque nous pariions (avec Pascal) sur le nirvâna juvénile.
JG.- Tes héroïnes en littérature?
FA.- Quelques saintes. Quelques amoureuses (Quelques saints.Quelques amoureux).
JG.- Le fait militaire le moins con …
FA.- La désertion de Cervantès à la bataille de Lépante.
JG.- Ta devise?
FA.- Elle change d’une minute à l’autre. J’écris en jouant à être Dieu et parfois, je réussis.
JG.- Veux-tu me parler du sexe?
FA.- Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien.(comme de presque tout).
JG.- Es-ce que tu as déjà pensé à ce que tu vas faire prochainement? Vas-tu improviser?
FA.- L’improvisation débouche sur la panacée de ne rien faire à moitié.
JG.- A Durham University tu as prononcé une conférence: Theatre and dictatorship : Tous censurés jusqu’aux sourcils et victimes de la dictature jusqu’au cul.(Everyone censored up to their eyebrows and victims of the dictatorship up to their asses). L’as-tu improvisée?
FA.- La vie, comme une pièce de théâtre ou une partie d’échecs, est-elle une cascade ininterrompue de coups du hasard?

9/01/2013

'Jean Genet à Antoine Bourseiller ...

'Genet in Spain


 written by Juan Goytisolo  (take note of the initials)            (as there is no coincidences in the spelling or 
 
letters of the name of a  writer and or poet-becoming)
 
  and translated by. Peter Bush

1932. Spain at the time was over-run with vermin, its beggars. They went from village to village, in Andalusia because it’s hot, in Catalonia because it’s rich, but the whole country was ripe for us. So I was a flea, and well aware that I was one. In Barcelona we preferred calle Mediodía and calle Carmen. Sometimes six of us would sleep on a mattress without sheets and we’d beg in the markets from dawn. A gang of us would leave the barrio chino and spread out along the Parallelo, carrying baskets, because housewives were more likely to give us a leek or turnip than a few cents. At midday we’d go back and make soup with what we’d collected. I am going to describe the customs of that vermin.’ Jean Genet,  The Thief’s Journal


*   *   *


After his descent into abjection, Genet decides to embrace his condition and transform it into a supreme virtue. He rejects the hierarchy of values of a self-righteous society and turns it on its head: transmutes what is base into something noble and what is noble into something base. The process of inner subversion he initiated in Barcelona’s barrio chino will be long and haphazard, and finds expression over the next ten years in his first poetic, narrative works written in Paris’s La Santé prison. The young, poverty-stricken lad, brought up in an orphanage, without identity papers, throws himself into theft, prostitution and begging and strives to emulate a criminal’s inveterate hardness with the self-surrender of a man initiating himself in the arcane secrets of a mystic belief and its stony path to spiritual perfection.

Fleas, he writes in The Thief’s Journal, were the most visible sign of his worthlessness, as representative of his pariah status as the jewels that adorn aristocrats and the bourgeoisie are of their condition as beautiful people. Lovingly cherished rags and sores attract pity and transmute shame into glory in his inner being. A pride necessary to withstand the scorn of others, solid and resistant like a rock dividing the flow of a river thrives on his desire for self-abasement: his country will be the scum of the earth, and he will be its bard and its chronicler.


*   *   *


We cannot be entirely certain of the dates of Genet’s stay in Spain. Although he mentions 1932 in The Thief’s Journal, it is a fact that, after enlisting in the army for the first time when he left the Mettray reformatory and was sent as a ‘colonial janissary’ to Syria in 1930, from where he was repatriated the following year, only to enlist once again and be dispatched to the Seventh Regiment of indigenous troops in Meknés, where he stayed until January 1933. Neither Edmund White’s exhaustive biography nor the time-line established by Albert Dichy define exactly the period he stayed in Spain. It was probably from November 1933 to April 1934. The only documentary proof is the letter he sent to André Gide on 12 December 1933 where, after describing his disastrous financial state (‘I’m totally broke in Barcelona, the consul is unapproachable, I’m an orphan and tramp from bar to bar.’), he asks for help and gives his postal address as the city’s poste restante.

After his initiation into the hunting ground of Barcelona’s old Fifth District, Genet’s career as a petty thief continues, first in Central Europe and then in France, until his first works, written in prison, are published in the mid-1940s. A brief review of his court sentences, reproduced in Jean Genet: Essai de Chronologie by Albert Dichy and Pascal Fouché, reveals how his youthful fascination for crime and devotion to professional crooks only led him to rival their deeds in an extremely modest manner. Together with the ‘crimes’ of vagabondage – the equivalent of the horrendous Spanish Law on Vagrants and Delinquents – the lack of an anthropometric identity card or his attempt to travel by train using a fake soldier’s pass, we can read: the theft of a dozen handkerchiefs from La Samaritaine department store, of signed copies from a bookshop on the rue Bonaparte, of a silk shirt from the Louvre stores, of a remnant of bed linen material from the Bazar in L’Hôtel de Ville, of a wallet and suitcase, etcetera.

Nonetheless, his failed career as a thief led him to his status as a great writer: he became that literary dynamite discovered by Cocteau and whose subversive power would soon astonish and shock Sartre. 


*   *   *


Behind the Parallelo there was a nondescript area where crooks played cards. (The Parallelo is an avenue in Barcelona that runs parallel to the famous Ramblas. In between these two very wide streets, a large number of narrow, dark and dirty streets makes up the barrio chino.)

With these words, that could easily come from a pocket guide for tourists, Genet takes us into what will from now on be his ‘moral territory’ – theft, male prostitution, betrayal, humiliation, extreme poverty – always linked to Spain and his experience of initiation in Barcelona. His apprenticeship in evil, led by the left hand of the one-armed Stilitano, his mentor, is that of a petty thief with little know-how and even less profit: thefts from church collection boxes, small-scale fraud, requesting from his consulate a voucher to travel to the frontier that he will sell in the Estación de Francia, and prostitution with foreign sailors for a handful of pesetas.

His boldest act remains the theft of a short cape from a policeman on the quays in the port. After satisfying the latter’s desires in his sentinel post, he takes advantage of the moment he goes to wash in a nearby fountain to grab the garment, wrap it round himself and run back to his lair in the barrio chino. This modest feat impresses his mentor, to whom he entrusts the sale of his booty as proof of his devout submission. (The tricked port policeman will pursue him in La Criolla but, warned in advance of the danger, Genet ‘does a Parallelo’ and disappears from that bar for some time.)

*   *   *


Outside the walls of the reformatories where he was interned as an adolescent and the barracks where he subsequently enlisted, Genet finds in the turbulent Spain of that era the place to inaugurate his adventure in morality and aesthetics. Barcelona’s barrio chino – the present-day Raval – was the ideal haunt for the dregs and detritus of society. The ‘livery of misery’ that the Spanish classics refer to ironically – namely, rags, filth and rope sandals worn down to the sole – identify the brotherhood of beggars and pickpockets that camp out there. The gallery of Genetian characters – con-men, small-time crooks, prostitutes, beggars, deserters and transvestites –, burrowing away in the nooks and crannies of that space, as people used to seek out sacred havens, are not so very different from the underworld in Seville that Cervantes knew so well. The holy aura of the vilified Fifth District guides Genet, as we shall see, along the paths to his strange sanctity.

The Genet of the Ramblas, the spurious son of the Parallelo, heads into a territory of shame determined to become an object of contempt and loathing, in search of inner purification that elsewhere I have compared to the malamatis of Islam that Ibn Arabi located in the highest sphere of the blessèd. He and his brothers in wretchedness parade through Spain, he says, ‘a secret, humble splendor entirely without arrogance.’ He focuses his energies on ‘giving sublime meaning to such a wretched façade.’ The moral solitude he longs for transforms his destiny into an unwavering consciousness that gives rise to a luminous, disturbingly unique work. His longing for a criminality condemned by society, allied with the desire to betray, acquire a hard, diamantine brilliance.

*   *   *


Genet’s admiration for the queens of Spain he encountered in Barcelona surfaced more than once in our conversations. They were the most daring and provocative in Europe, he would say, their natural reaction to the rejection they suffered. They faced up to the insults that were commonly aimed their way with a ritual of disguises, gestures and high-pitched screams that would go from the hysterical to the sublime.

When I went to the barrio chino for the first time in 1949 guided by a university friend as fond of books as I was and also a connoisseur of the city’s seamier side, La Criolla and bars where that species of the damned once reigned had disappeared. The web of narrow streets stretching from the Portal de Santa Madrona to the calle del Carmen harbored a handful of brothels at five pesetas a token and the predominant wretchedness can’t have been very different from what Genet experienced. Madame Petite’s renowned knocking-shop, which possibly inspired him when he wrote Querelle de Brest, Madame Lysiane’s Fair was a shadow of its former self and the progeny of those who were publicly vilified (and privately appreciated by some) hid their face-paint, fans, combs and flamenco flounces from the eyes of ‘decent’ citizenry.

A photo recently published in El País of two transvestites prowling around the Ramblas, in the early hours, on the hunt for a drunken tourist to rob brought to mind a passage in The Thief’s Journal where two tarted-up mariconas, with wonderful eyes and huge eyebrows, are walking in the vicinity of a Vespasienne (as the French dubbed the circular metal public urinals in France mercilessly demolished by Mayor Chirac) carrying a trained monkey on their shoulders. At a sign from one of them, the monkey would jump on the most bourgeois looking pick-up and, in the confusion, steal his wallet.

The funeral cortège of the so-called Carolinas (courageous precursors of the Parisian gasolinas of May ’68) to the site of one of the toilets destroyed in the street disturbances in 1933 is one of the most beautiful moments in The Thief’s Journal:  

It was near the port and barracks, and the urine of thousands of soldiers had corroded the cast iron. When its death was proclaimed, the Carolinas, wearing shawls, mantillas, silk dresses, tight-fitting jackets – not the whole crew but a specially selected solemn delegation – came and laid there a bouquet of red roses tied in veil of black crepe. The cortège left the Parallelo, crossed calle Sao Paolo, went down the Ramblas de las Flores, as far as Colombus’s statue. There were perhaps thirty or so pansies, at 8 am, as dawn broke. I watched them walk past. I accompanied them at a distance. I knew my place was in their midst, not because I was one, but their raucous voices, cries and way-out gestures, I felt, had a single goal – to break through the layers of contempt expressed by the world at large. The Carolinas were magnificent. They were the Daughters of Shame. After reaching the port, they veered right, to the barracks and laid down the flowers on the rusting, stinking cast-iron of the demolished public lavatory.

What genius of a director will one day film that scene with the beautiful precision of a Visconti and cruel humour of a Fassbinder? The tragicomic heroism of the Carolinas deserves to be remembered and included in the breviaries of a new form of sanctity at the antipodes of Monsignor Escrivá and the founder of the Legionaries of Christ the King. Genet always reproached himself, he told me, for his lack of courage. He stayed in the ironic, indulgent crowd that welcomes its mourning rather than taking up the honorable place that belonged to him.


*   *   *

 

One of the most beautiful pages of The Thief’s Journal describes the episode of the tube of Vaseline. Arrested in a round-up and taken with other suspects to the district police station (I can imagine the scene very clearly, because the poet Jaime Gil de Biedma and I had the same misfortune at the end of the 1950s, when we roamed around the cross roads of San Pau and Robadors late at night), the policeman frisking Genet removed from his  pocket the lubrication he used for anal penetration (that I also used to take with me on my first forays into Barbès and the Gare de Nord): a tube that’s been used up, the mere presence of which is clear proof of his membership of the guild of the mariconas (Genet always uses this Spanish word, aware of its brutally pejorative burden):

In the midst of the elegant objects taken from the pockets of the men caught in the round-up, this was a sign of abjection itself, the sort that takes great care to keep out of sight, but also the sign of a secret grace that would soon save me from scorn […]. I knew that all night my tube of Vaseline would be an object of the policemen’s derision – the opposite of a Perpetual Adoration […]. However I was sure that this humble, fragile object would resist them and, its mere existence would defeat police forces throughout the world.

Invulnerable to insult – I am reminded of the T.E. Lawrence’s ‘I’m completely dead to decency’ – the comparison of the palpable evidence of his shame with the Holy Sacrament allows Genet to invigorate and enhance his beggar’s life in the barrio chino, and subsequent meanderings in Cádiz and San Fernando, through recourse to the noblest, most sacred terms. His verbal victory thus leads him to hallow the misery inspiring him and drawing him to a new form of moral perfection: 

The greater my guilt in your eyes, something I entirely embrace, the greater my freedom and the more perfect my solitude and singularity.

*   *   *


The encounter with Stilitano, the Serbian deserter from the French Foreign Legion, marks a before and after in Genet’s life and is the first link in a chain of successive infatuations with crooks or individuals from the underworld – the Harcamones, Bulkaen, Maurice Pilorge, etc. – that were elevated by him to the altar of excellence and glory. He dedicates his first thefts in the barrio chino to Stilitano’s awesome strength and lack of shame, to the uniqueness of his amputated right arm and hand that lay rotting under a chestnut tree in a forest somewhere in central Europe. The strength irradiating from this stump arouses in him an attraction similar to the one he experiences forty years later for the Sudanese Mubarak in a Palestinian refugee camp, when he asks him to hold his cigarette while he unbuttons and quietly urinates next to him: the guttural tone of his voice belongs in both to that of an erect sex.

Stilitano’s character encompasses the rigor of the soldier, adventurer, assassin and crook. Although he allows physical intimacy with Genet – both sleep in the same bed in a cheap hotel in the district – he refuses him sex. He has contempt for mariconas and occasionally pimps. Nonetheless, to attract the former and prostitutes, he safety-pins a bunch of balls of cellulose wrapped in cotton wool inside his flies, so that it swells and stands out in a gesture of pure provocation. Genet is responsible for the task, and can’t stop his hands from trembling as he does up and undoes the bundle at the beginning and end of each day’s snooping and bartering. One day, rather than leaving it on top of the stove, as usual –

I couldn’t resist holding it in my hands and lifting it to my cheeks. Stilitano’s face, above me, hardened. ‘Let go, you bastard.’ I had crouched down to open his flies, but Stilitano’s rage, as my customary eagerness wasn’t enough,  made me fall on my knees, in the position that I mentally longed for. He hit me with both feet and one fist. I could have run off but I stayed.

His subsequent betrayal to the police of a common friend, Pepe the Gypsy, for the murder he committed in the vicinity of the Parallelo doesn’t tarnish Genet’s devotion towards him: on the contrary, he tells us, it lavishes upon him all the luminous attributes of betrayal.

  *   *   *


Genet’s numerous references to La Criolla, the cabaret where he prostituted himself out of devotion to Stilitano, give no indication as to whether it was located in the barrio chino neither do they include a description of the bar. Nits de Barcelona, published in 1931, that is, two years before Genet arrived in Spain – a work recently re-published by Proa, with the original Oleguer Junyent illustrations and Josep M. De Segarra prologue – pinpoint what is missing and supply valuable information. The author, Josep M. Planes, contributor to the splendid magazine Mirador and a compulsive night-bird, was murdered on 24 August 1936 on the Arrabassada by out-of-control FAI gunmen about who he had written rather unfavourably weeks before the military uprising against the Republic. Segarra sketches in a suggestive description of his own and agrees with Planes’s acute perception of the city in the period from Primo de Rivera’s dictatorship to April 14 and the declaration of the Second Republic: ‘The people who most profit at night in Barcelona are tourists, thieves, poets, prostitutes, people who don’t have a cent and people who have bucketfuls.’ Planes writes:

La Criolla– is in the middle of calle del Cid. The luminous sign that hangs down over the façade and blurs the poor city landscape with a reddish glow […], buildings and people share the same air of wretchedness and you never know whether the filth on the walls comes from the men and women leaning on them or vice versa […]. The rabble gathered on the road and the prostitutes and inverts flaunting themselves on the pavements float against this vermilion backdrop, as decorative and stylized, as in the illustrations that Francis Carco must dream about for his books.

The calle del Cid (how ironic – the name of the Cid, preserved to this day, on what remains of the street, between the Parallelo and the avenue of Les Drassanes!) is at the time full of rubbish, soldiers, prostitutes, sailors and beggars. Any thief with a knife can suddenly take out his seven-bladed tool and assault well-heeled passers-by who look in his direction. The establishment of La Criolla, an old textile factory converted into a cabaret, drapes across the austere nakedness of its columns a lurid décor of palm trees with fake green leaves, coconuts, monkeys and blacks from Tarzan comics that confers a down-at-heel tropical splendor. A tango orchestra occupies the scenario, deafens the clientele and injects its fever into the couples on the dance floor.

(Genet evokes in his The Thief’s Journal the tune of Ramona but not the voice of Irusta – the trio in fact formed by the latter with Fugazot and Demare – mentioned by Planes, whose backstreets music was the great hit of the pre-Civil War years. As a child I listened to the song mentioned by Genet on an old wind-up gramophone with an external speaker – I know the words by heart – and the records of that Argentine trio that was the rage at the time, either ahead of Carlos Gardel or following in his footsteps. My retrospective familiarity with La Criolla is thus reinforced. Its musical repertoire lulled my ears in the ‘decent’ Barcelona of the city’s upper reaches.)

When Planes sketches in his portrait of the cabaret, he points to the existence, on the pavement opposite, of Cal Sagristá, a bar famous, he says, for its ‘inverts’ – respectable people of the time used that nasty word – how far we are from the era of gay identity! –, to which young lip sticked, sleek-haired men would repair. Strangely, Genet makes no mention of it.

The refurbished calle del Cid currently has none of the filth and din it had seventy years ago. When the Barcelona Town Hall gave the writer’s name to a small square or garden the other side of Drassanes. I was invited to say a few words in the naming ceremony. I hardly need to say that I didn’t accept: I was afraid an angry Genet might resurrect from his tomb in Larache and bury me under an avalanche of sarcasm and insults. His inverse perception of the terms of honor and dishonor is also mine. I prefer to go back to the cruel image with which Planes brings to a close the chapter: the deserted street at dawn after La Criolla has shut, a Goyesque vision of two horrendous old women and the three-cornered hats of two Civil Guards on patrol.

*   *   *


The thefts and petty crime that provide for Genet and Stilitano are not enough to save them from poverty. Although the future author of The Thief’s Journal gives his ‘protector’ the few pesetas he earns or snitches in public conveniences, the latter tells him to prostitute himself in La Criolla. There, female garb is a must. Some of Genet’s Spanish friends run the joint and they give him the details of second-hand clothes sellers. If ‘it’s very difficult’ he writes, ‘to emerge in the light through the pus and sores of shame,’ the cabaret’s owner now requires him to parade himself ‘as a girl.’ Swallowing his blushes and changing them into a kind of dart aimed at those demanding such displays? Genet goes to La Criolla and is invited, with another transvestite, to the table of a group of French officers. The lady accompanying them asks in an exaggeratedly condescending tone if he fancies men, Genet resists the temptation to give her a slap and takes his revenge by filching a wallet from one of the military.

One of the most beautiful pages in The Thief’s Journal recounts events during the Carnaval, a time of year when it was easier to don disguises and draw attention to oneself. After stealing a flamenco dress and blouse, to which he adds the accessories of a fan and mantilla, Genet walks through the barrio chino on his way to the calle del Cid. As a last trench in his defense, he keeps his trousers on under his skirt. But, a moment after he arrives at the bar, the train to his dress rips. A young man has stumbled on his flounces and, however much he apologizes and says he has a limp, the would-be tragic actor howls ‘Don’t limp on my skirts!’ with a hysteria that erupts through the tough cortex of the world with the force of a geyser.

Humiliated, Genet leaves the dive to the laughter of customers and Carolinas. Although, when he re-reads the text, the author corrects his mistake and notes at the foot of the page that the episode happened in Cádiz, where he also prostituted himself using flamenco garb, the prestige of La Criolla emerges intact from his lapsus. The scene’s theatricality reaches a point where abjection and pride meld. The skirt, blouse, fan and mantilla he later hurls into the sea are part of an absurd ritual which gives the humiliated vagabond tramp the necessary strength to confront the cruelty and hypocrisy of a self-righteous society: yesterday’s, today’s and no doubt the one that will follow us with the passage of time.

Soon afterwards, Genet and Stilitano abandoned their haunts in Barcelona, took to a goods train and looked for a new refuge in Cádiz.

 *   *   *


I was born in Paris on 19 December 1910. I was a ward of Public Assistance and never found out any more about my civilian status. When I reached the age of twenty-one, I obtained a birth certificate. My mother’s name was Gabrielle Genet. My father is not known. I came into the world at 22 rue d’Assas. 
 
Although Maternité refused him all information on how he entered the world, the image of the hidden mother appears intermittently throughout Genet’s work. He clings to his surname, that Genêt d’Espagne or yellow broom with which Cocteau greeted his volcanic eruption into the world, and identifies with the vegetable world and considers, he will say, that all flowers belonged to his family. Through them, he compares himself to bracken flourishing in marshland and dreams of possible vegetable species on the planet Uranus, in a metempsychosis that changes him into a creeping crawling being, like the hoodlums on the Parallelo, with convicts of his race for sole company.

But this literary mauditisme bears no relation to his future rebellion against the established order, in both the social and political and artistic and moral fields. The absent mother becomes his departure point for his incursions into a literary territory that climax in his masterpiece, A Prisoner of Love.

In The Thief’s Journal, Genet evokes the image of an old beggar woman with an emaciated face and squat and round as the moon, who asks him for money. Her hypocritical, humble features lead him to believe she has just left prison. A pickpocket, he assumes, and he immediately associates her, in a fleeting daydream, with the woman who abandoned him in the cradle:

And what if it was her? I wondered as I walked away from the beggar-woman. If she was, I’d go and shower her with flowers and kisses. I’d shed tears of tenderness over her moon-fish eyes, over her obtuse, stupid face. 

The vision of the mother of Hamza the fedayeen, with whom he stayed in the Palestine refugee camp in Irbid in 1970, is much more complex and elaborate. Younger than Genet, the woman who gives him the bed of her son, who is away on a combat mission in the territories occupied by Israel, tiptoes in with a cup of coffee, thinking he is asleep, and is transformed, like statues of the Mater Dolorosa, into the writer’s symbolic mother, who looks after him, as on that sacred night, throughout his life: a fantasy, he tells us, cherished from childhood, from when he was five years old.

The image of Hamza and their mother – his and the Palestinian guerrillero’s – superimposed like a transfer on the image of the Pietá and Christ the Crucified, subsequently link up with the Virgin carried in processions by the Maronites of the Lebanon and the Black Virgin in the monastery of Montserrat. ‘God, creator of heaven and earth, must have really enjoyed himself carving out those reddish, phallic rocks, Genet tells us, he who, as an old man, attended a celebration of Pentecost at the abbey, with music by a Palestrina who brought Palestine to mind. The abbot, he writes in A Prisoner of Love, kisses the faithful and he too accepts his double kiss but doesn’t pass it on to his neighbor, as is the custom, thus breaking the chain of fellowship.

In his correspondence with me at the time – removed by a compulsive kleptomaniac, who was nevertheless considerate enough to leave a photocopy, when it was being exhibited at the Town Hall in Almeria – describes his journey through late Francoist Spain, mocks the now bourgeois Barcelona and relates his pick up of a rent-boy, who, he says, is a sociology student, at the foot of Tibidabo. By this time, he is no longer the delinquent he dreamed of becoming forty years earlier but the voluntarily marginal writer who searches out first with the Black Panthers and later with the fedayeen the cause that will move him away from a France and Europe from which he has distanced himself for ever.

At the end of The Thief’s Journal, Genet announces a second part he never wrote: he intends, he says ‘to relate, lay bare, comment on the annals of the private prison where I found myself after crossing this inner space I have called Spain’. His youthful desire to fill the world with his abominable progeny gives way, after his stay in the Palestinian refugee camps in Lebanon and Jordan, to a return to his unknown origins. ‘This last page of my book,’ he writes in A Prisoner of Love – ‘is transparent. It is a transparency that lets through the light: his path to moral perfection via unpredictable turns and different ways to St John of the Cross and Mawlana the Sufi dervish, and one leading him to a subversive, pagan form of sanctity.

Juan Goytisolo went in exile from the Franco dictatorship in 1956 and has never returned to live in Spain. He now lives in Marrakesh. He has written more about his acquaintance with Jean Genet in his autobiography, Forbidden Territory and Realms of Strife.

Peter Bush lives in Barcelona. His recent translations include Juan Goytisolo’s Exiled from Almost Everywhere, Valle-Inclán’s Tyrant Banderas and Teresa Solana’s Crazy Tales of Blood and Guts.

 Sometimes translators are gods.

______________________________

6/21/2013

Sartre

Sartre says that when Genet reverts to writing 'poetry' in the proper sense of the word, it means he's in love.


he wrote that in Saint Genet. now some people believe that halted, or came to effect that Genet stopped writing, because of that Book.





Genet did not believe that was the case, he kept on writing. but was liable to write
        the same thing 

   until he embraced what was beyond him, the broader, universal themes which already
  lending themselves to him at the time he wrote the Screens


Sartre predicted as much

     and that's a secret that I'll you about another time


-------------------

5/28/2013

les Bonnes

“Il faut rire. Sinon le tragique va nous
faire envoler par la fenêtre.
Ferme la fenêtre”.

(Jean Genet, Les Bonnes)

5/18/2013

Entretien Avec Bertrand Poirot-Delpech, 1982 Entretien réalisé et filmé le 25 janvier 1982.

L’Ennemi déclaré
 
La France a supprimé la peine de mort, j'aimerais savoir l'effet que ça vous a fait d'apprendre qu'on ne couperait plus les têtes en France?
Ca m'a laissé complètement indifférent parce que la suppression de la peine de mort est une décision politique. La politique française, je m'en fous, ça ne m'intéresse pas. Tant que la France ne fera pas cette politique qu'on appelle Nord-Sud, tant qu'elle ne se préoccupera pas davantage des travailleurs immigrés ou des anciennes colonies, la politique française ne m'intéressera pas du tout. Qu'on coupe des têtes ou pas à des hommes blancs, ça ne m'intéresse pas énormément. Les règlements de comptes entre ceux qu'on appelait les voyous et les juges, pour moi, c'est sans intérêt.
Qu'on essaie de réduire ou de supprimer les châtiments ne vous intéresse pas vraiment?
En France. non, je m'en fous.
Si on arrivait à créer une société où on ne punit pas, vous ne seriez pas davantage satisfait?
Faire une démocratie dans le pays qui était nommé autrefois métropole, c'est finalement faire encore une démocratie contre les pays noirs ou arabes. La démocratie existe depuis longtemps en Angleterre, entre Anglais probablement. Je connais mal l'histoire anglaise, mais je crois que depuis longtemps la démocratie était florissante en Angleterre, quand l'empire colonial anglais était florissant, mais qu'elle s'exerçait contre les Hindous.
Vous pensez que les luxes économiques ou politiques des pays riches se paient toujours sur le dos du tiers-monde?
Pour le moment je ne vois que ça.
Et quelle société vous satisfait, enfin... vous écoeure le moins?
Là, je ne peux pas vous répondre politiquement mais presque religieusement. Le mal comme le bien font partie de la nature humaine et s'expriment à travers les hommes ou les sociétés. Je ne condamne pas, je ne sais pas ce qui va sortir des anciens empires coloniaux. Je ne sais pas ce qu'ils auront apporté de bien, je sais ce qu'ils ont apporté de mal. Peut-être ont-ils apporté du bien aussi, mais tout cela est si inextricablement mêlé que je ne serai jamais satisfait par un système politique, quel qu'il soit.
Est-ce que c'est ça l'anarchisme?
Probablement pas. J'ai pris parti, vous voyez, je ne suis pas resté indifférent. Quand j'étais à Mettray, j'ai été envoyé en Syrie, et le grand homme, en Syrie, c'était le général Gouraud, celui qui n'avait qu'un bras. Il avait fait bombarder Damas et comme j’apprenais un peu l’arabe, je sortais du quartier à 4 heures exactement pour rentrer à l'heure que je voulais. Les petits gars de Damas prenaient un grand plaisir à me promener dans les ruines qu'avaient faites les canons du général Gouraud. J'avais une double vision du héros et de la saloperie, du type dégueulasse qu'était finalement Gouraud. Je ne sentis tout à coup tout à fait du côté des Syriens. D'abord, ça a été probablement un sentiment plus ou moins retors pour me faire bien voir d'eux, pour être aimé, pour participer aux jeux de cartes. Les jeux de cartes étaient interdits par le gouvernement français. Alors, moi, j'allais jouer avec eux dans les petites mosquées jusqu'à 4 ou 5 heures du matin.
Comment expliquez-vous que, au lieu d'écrire l'argot ou d'inventer une langue, vous vous soyez coulé dans la langue de l'ennemi, c'est-à-dire le beau langage, celui de l'autorité et du pouvoir. Vous avez finalement écrit la langue de Gouraud?
Je ne suis pas très sûr que Gouraud ait écrit ma langue. Mais enfin, vous avez raison, il fallait d'abord séduire ceux dont vous parlez, ce à quoi vous appartenez sans doute, l'intelligentsia française.
Vous avez séduit avec la langue qu'on dit classique, une langue que vous n'avez pas bousculée. Vous vous en êtes servi comme elle vous arrivait. Et d'abord. qui vous a appris à écrire le français si correctement?
La grammaire.
Mais il y a eut un moment à l'école où on vous a donné le goût du bien-écrire? A Mettray?
Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment là. Vous me reprochez d'écrire en bon français ? Premièrement, ce que j'avais à dire à l'ennemi. il fallait le dire dans sa langue, pas dans la langue étrangère qu'aurait été l'argot. Seul un Céline pouvait le faire. Il fallait un docteur, médecin des pauvres, pour oser écrire l'argot. Lui, il a pu changer le français bien correct de sa première thèse de médecine en un argot, avec des points de suspension, etc. Le détenu que j'étais ne pouvait pas faire ça, il fallait que je m'adresse, dans sa langue justement, au tortionnaire. Que cette langue ait été plus ou moins émaillée de mots d'argot n'enlève rien à sa syntaxe. Si j'ai été séduit, parce que je l'ai été, par la langue, c'est pas à l'école, c'est vers l'âge de quinze ans, à Mettray, quand on m'a donné, probablement par hasard, les sonnets de Ronsard. J'ai été ébloui. Il fallait être entendu de Ronsard. Ronsard n'aurait pas supporté l'argot... Ce que j'avais à dire était tel, témoignait de tellement de souffrances, que je devais utiliser cette langue-là.
Vous avez fait de Ronsard votre gardien?
Puisqu’il est l'une des premières émotions que j'ai eues, à la fois de la langue française et de la poésie, c'est assez naturel que je lui réserve une sorte de fidélité.
Il y a un risque, quand on écrit comme Jean Genet. Les tortionnaires disent : "Il n'est pas dangereux, il écrit si bien!" La récupération par la beauté! Est-ce qu'on pourrait comparer la façon dont vous vous saisissez de la langue du "tortionnaire" à la manière dont les bonnes prennent les robes de Madame ? Ou est-ce plus naturel chez vous ? En épousant cette musique et ce charme de la langue, obéissez-vous à une stratégie ou à un instinct?
Je voudrais répondre que c'est une stratégie mais, malgré tout, avant d'aller à Mettray, j'ai été à l'école et j'ai tout de même appris le français.
Liez-vous volontiers des choses parues récemment?
Le dernier livre que j'ai essayé de lire, c'est un livre de Raymond Abelio. Il m'a paru très mal écrit et assez confus.
Vous avez dit que Rimbaud avait "choisi" le silence. Vous aussi?
Je ne sais pas pourquoi Rimbaud a choisi le silence. J'ai dit qu'il avait compris qu'il devait se taire. Moi, il me semble que, puisque tous nos livres ont été écrits en prison, je les ai écrits pour sortir de prison. Sorti de prison, l'écriture n'avait plus de raison d'être. Mes livres m'ont fait sortir de taule, mais après, quoi dire ?
Il y a une part de vous qui est toujours en prison, non?
Non. Non. Quelle part de moi ?
Ne serait-ce que la mémoire de ceux qui y sont restés, qui en sont morts ou qui s'y trouvent encore maintenant?
Non, une part de moi reste davantage dans les pays épuisés par les Français, comme le Maroc, le Mali et d'autres.
Vous n'auriez pas eu l'idée d'écrire pour qu'ils sortent, eux, de prison?
Non. Je redis bien que la suppression de la peine de mort me laisse complètement indifférent. Je ne tiens pas du tout à ce qu'on mette des gars en taule, mais c'est une affaire entre eux et les juges, les gouvernements, etc., pas entre eux et moi.
Ce silence, nous sommes beaucoup à le déplorer.
Ah! Vous vous en remettrez.
Revenons à votre choix de la langue classique. Pourquoi?
Avant de dire des choses si singulières, si particulières, je ne pouvais les dire que dans un langage connu de la classe dominante, il fallait que ceux que j'appelle " mes tortionnaires " m'entendent. Donc il fallait les agresser dans leur langue. En argot ils ne m'auraient pas écouté. Il y a autre chose aussi. La langue française est fixe, elle a été fixée au dix-septième siècle à peu près. L'argot est en évolution. L'argot est mobile. L'argot utilisé par Céline se démode, il est déjà démodé.
Mais vous êtes beaucoup plus subversif que Céline. Céline dit aux tortionnaires : "tout est de la merde", ça les arrange ce nihilisme. Alors que vous, vous dites : "on vous mettra dans la merde" ;il y a de la révolte chez vous, alors que chez lui il y a une espèce d'accablement et de geignardise. C'est beaucoup plus insupportable aux "tortionnaires" ce que vous dites.
Les vrais tortionnaires, en réalité, ne me lisent pas.
Pourtant, ils vous craignent. ils savent que vous êtes là.
Ils s'en foutent, ils s'en foutent. Non, il ne faut pas exagérer l'importance de ça.
Pouvez-vous donner un exemple de votre choix grammatical?
La première phrase du premier livre que j'ai écrit commence ainsi : "Weidmann vous apparut." Le correcteur d'imprimerie m'a demandé de corriger en remplaçant "vous" par "nous". C'est "Weidmann nous apparut" n'est-ce pas, m'a-t-il dit. J'ai tenu à ce qu'on conserve "vous apparut", parce que je marquais déjà la différence entre vous à qui je parle et le moi qui vous parle.
Vous preniez vos distances?
Je prenais mes distances mais en respectant les règles, vos règles.
Vous n'avez jamais établi de règles vous-mêmes?
Je crois que finalement toute ma vie a été contre. Contre les règles blanches.
Qu'est-ce que vous entendez par blanches?
Des Blancs. Je veux dire que, encore maintenant - j'ai soixante-douze ans. hein! - je ne peux pas être électeur. Même si vous pensez que ça a peu d'importance, je ne fais pas partie des citoyens français.
Vous n'avez pas vos droits civiques?
Non, non. Il y a des délits que j'ai commis qui n'ont jamais été amnistiés, dont un pour vol et une condamnation à deux ans de prison entre autres. Et puis j'ai déserté deux fois.
Au total, avez-vous fait le compte de vos condamnations et de leur durée?
Oui, quatorze ans.
Vous avez beaucoup parlé d'une hiérarchie de la gloire qui serait la hiérarchie du crime... Quel est le plus exotique des crimes?
Non. Je voulais dire que deux mots accolés, ou trois ou quatre, et deux phrases peuvent être plus poétiques qu'un meurtre. Si j'avais a choisir entre l'expression poétique par des mots ou, si elle existe, l'expression poétique par des actes, je choisirais l'expression poétique par des mots
Quels sont les mots qui vous paraissent les plus forts et les plus proches d'un acte?
C'est leur assemblage, leur confrontation. Il en faut au moins deux.
Est-ce qu'il y a un bonheur d'écrire. Avez-vous éprouvé profondément une jubilation en écrivant?
Une seule fois.
En écrivant quoi?
Les Paravents. Le reste m'a beaucoup ennuyé, mais il fallait l'écrire pour sortir de prison.
En quelle année Les Paravents?
Attendez, je crois en 1956 ou 1957. En tout cas, je corrigeais les épreuves quand de Gaulle est venu au pouvoir en 1958, je crois, c'est ça.
Je me souviens des représentations à l'Odéon. Il y avait un cordon de flics qui protégeait le théâtre. Quel effet cela vous faisait d'être joué dans un théâtre national défendu par la police?
Eh bien, l'impression tout de même que la police est assez inconséquente et le gouvernement français aussi.
Ca devait vous faire plaisir, cette inconséquence ?
Je l'avais remarquée bien avant.
Mais la piéger une fois de plus comme ça devait être plutôt réjouissant?
Oui. j'aurais aimé recommencer le coup avec Maria Casarès à la Comédie-Française, qui m'a demandé Le Balcon, mais je n'ai pas pu le faire, ils ne voulaient pis de Casarès. Elle est donc plus dangereuse que moi.
Les Paravents présentent la mort comme une chose finalement peu redoutable et peu importante. Est-ce votre opinion?
C'est l'opinion de Mallarmé aussi : " Ce peu profond ruisseau... ", vous savez la suite. La mort me paraît assez peu... enfin, le passage de vie à non-vie me paraît assez peu triste, assez peu dangereux pour soi quand on change de vocabulaire : le passage de vie à non-vie au lieu de vie à trépas, c'est tout d'un coup presque consolant, non? C'est le changement de vocabulaire qui est important. Dédramatiser. Le mot est employé couramment en ce moment - dédramatiser la situation. Je dédramatise la situation, qui fera de moi un mort en utilisant d'autres mots.
Un auteur dramatique qui dédramatise?...
Justement. Si j'ai essayé de mettre au point une sorte de dramaturgie, c'était pour régler des comptes avec la société. Maintenant ça m'est égal, les comptes ont été réglés.
Vous êtes sans colère et sans drame?
Oh! je l'affirme d'une façon si péremptoire, si vivace que je me demande si, réellement, c'est sans colère et sans drame. Là vous venez de toucher quelque chose. Je crois que je mourrai encore avec de la colère contre vous.
Et de la haine?
Non, j'espère que non, vous ne le méritez pas.
Qui mérite votre haine?
Les quelques personnes que j'aime profondément et qui m'attendrissent.
Il vous est pourtant arrivé d'aimer des salauds, ou jamais?
Je ne fais pas la même distinction que Sartre entre les salauds et les autres. Comme je suis incapable de définir la beauté, je suis absolument incapable de définir l'amour. de savoir... L'homme que vous appelleriez un salaud sous votre regard objectif, sous mon regard subjectif cesse d'être un salaud... Tenez. quand Hitler a fichu une raclée aux Français, eh bien oui! j'ai été heureux, j'ai été heureux de cette raclée. Les Français ont été lâches.
Et ce qu'il faisait, les camps d'extermination par exemple, c’était marrant aussi?
D'abord, vraiment, je ne le savais pas. Mais il s'agit de la France, il ne s'agit pas du peuple allemand ou du peuple juif, ou des peuples communistes qui pouvaient être massacrés par Hitler. Il s'agissait de la correction donnée par l’armée française.
Et ça, ça vous a paru marrant?
Oh ! grisant, je vous assure.
Et la raclée qu'Hitler a prise ensuite vous a réjoui aussi ?
Ah! j'étais déjà assez indifférent. Les Français ont commencé leur traitement vache en Indochine et en Algérie et à Madagascar, etc. Vous connaissez l'histoire aussi, mieux que moi.
Genet par Giacometti
Toutes les défaites ne sont quand même pas réjouissantes. La Pologne, qu'est-ce que ça vous fait?
Vous savez, les Polonais m'ont quand même mis en prison pendant quatre mois.
A ce qui leur arrive actuellement, vous réagissez comment?
Ecoutez, la France a-t-elle réagi parce que à peu près mille personnes, hommes, femmes et enfants comme on dit dans les journaux, ont été tuées par la police de Hassan II au Maroc, à Casa? A quel moment les Français ont-ils réagi? Jc connais bien le Maroc vous savez. La misère est énorme, immense, et personne n'en dit un mot.
En Pologne, il ne s'agit pas uniquement de misère, il s'agit d'un écrasement des libertés.
Ah! vous croyez que les libertés ne sont pas écrasées au Maroc?
Et qui les défend, qui défend le peuple Arabe? Kadhafi?
Peut-être que vous ne le savez pas, mais je ne suis pas arabe et je ne peux me prononcer au nom des Arabes, ni au nom de Kadhafi. Mais je sais ce que le nom de Kadhafi fait aux Américains et aux Européens, évidemment.
En sommes, vous n'êtes citoyen de nulle part?
Bien sûr que non.
Si vous aviez a redéfinir une patrie, ce serait quoi?
0h! je l'ai fait un jour, un peu en blaguant, dans L'Humanité, qui m'avait demandé d'écrire un texte. Pour moi, une patrie ce serait vraiment trois ou quatre personnes. J'appartiendrais à une patrie si je ne battais, mais je n'ai pas du tout envie de me battre pour des Français ni pour qui que ce soit du reste, ni même pour les Panthères noires. Les Panthères n'auraient pas voulu que je me batte pour eux.
Les combats sont souvent idéologiques et symboliques, donc l'artiste ou l'écrivain y a sa place. Vous ne vous êtes pas senti combattant par la plume?
Vous parlez comme Simone de Beauvoir.
On ne combat pas avec la plume?
Non. J'ai, bien sûr, assisté à des manifestations avec Sartre, avec Foucault, mais c'était très anodin, avec une police très respectueuse finalement, qui établissait plutôt une complicité avec nous, qui nous faisait complices d'elle. Un police surréelle.
Alors, en écrivant, on sort de prison mais on ne change pas le monde ?
En tout cas pas moi. Non.
Et est-ce qu'on change les autres individuellement? Est-ce qu'un lecteur est changé? Est-ce qu'il y a des livres qui vous ont changé?
Finalement, non. Je crois, sans apporter de preuves, mais je crois qu'à l'éducation qui vient des livres, des tableaux ou d'autre chose, de l'éducation qu'on reçoit, s'oppose un facteur personnel que je ne peux pas nommer autrement. Je suis incapable d'en discerner les bornes, mais chaque homme fait sa pâture de tout. Il n'est pas transformé par la lecture d'un livre, la vue d'un tableau ou par une musique; il se transforme au fur et à mesure et, de tout ça, il fait quelque chose qui lui convient.
Et si un "tortionnaire" vous dit qu'il a été changé par la lecture de Jean Genet, qu'il en fait sa "pâture"?
Si ça se présentait, je lui demanderais de m'en donner les preuves.
Quelles preuves?
Eh bien! c'est à lui de les donner.
Par des actes?
Je ne sais pas, je ne pense pas qu'un homme puisse être transformé par ce que j'ai écrit. Il peut détester ce que j'ai écrit ou y adhérer. D'ailleurs, un tortionnaire n'est pas complètement un tortionnaire. En vous qui ne parlez maintenant, il y a une part de coupable. Je ne la distingue pas d'une façon très claire, mais c'est parce que vous n'avez jamais mis les pieds réellement de l'autre côté.
Mais regardez comme Sartre a été modifié par vous!
Non.
Je pense que oui.
Ah non!
J'en suis sûr. En tout cas. Il a été modifié par ce qu'il a écrit sur vous. L'avez-vous été vous-même par ce qu'il a écrit?
Eh bien! j'ai jamais lu complètement ce qu'il avait écrit, ça m'ennuyait.
C’est long, il faut dire, vous avez des excuses.
C’est assommant.
Pas assommant, mais long. Avez-vous connu Pierre Goldman?
Personnellement non.
Vous avez suivi ce qui lui arrivait?
Oui, enfin. il m'a écrit de Fresnes ou de la Santé, j'ai oublié. Ces amis à lui étaient venus me voir et il m'a envoyé une lettre où il me dit qu'il voulait absolument rompre avec tous ses anciens amis.
Et Mesrine?
Chapeau!
Qu'est-ce qui fait que vous dites " chapeau " quand vous apprenez qu'un coup a été fait? Je pense à Mesrine là. Est-ce plutôt la beauté de l'acte ou sa force comique, sa force de dérision ?
Vous avez quel âge? Est-ce que vous avez bien connu la défaite de 1940? Ca, c'était très comique, ces messieurs décorés qui avaient une canne et, au bout de la canne, une pointe pour ramasser les mégots sans se baisser, ces dames d'Auteuil ou de Passy... Il y avait plein de choses comme ça très réjouissantes.
Y a-t-il eu d'autres événements que la défaite de 1940 qui vous ont tant réjoui?$
Oui, il y a eu l'extraordinaire tenue des Algériens et des Vietnamiens du Nord face aux Français et face aux Américains bien sûr.
Vous mettez sur le même plan la défaite des uns et l'héroïsme des autres?
Pas du tout sur le même plan. Grâce non seulement à leur héroïsme, mais à leur intelligence, à leurs trouvailles, à tant de choses, les Vietnamiens du Nord ont pu finalement obliger l'ambassadeur de Saïgon à prendre le drapeau sous son bras et à foutre le camp. N'est-ce pas assez marrant? Quant à la débâcle de l'année française, c'était aussi celle du grand état-major qui avait condamné Dreyfus, non?
Et le terrorisme à l'italienne, les Brigades rouges?
Je ne parlerai pas des Brigades pour le moment, mais si vous voulez bien, de Baader. A peu près tout le monde, même à gauche en France, a été contre Baader, la gauche oubliant complètement qu'il était l'un des premiers à avoir manifesté contre le chah à Berlin. Et qu'on n'a retenu de lui qu'un trouble-fête de la société allemande.
Les anciens gauchistes en France ont, semble-t-il, choisi la non-violence. S'il en était autrement et si le terrorisme fonctionnait comme celui des Brigades rouges, comment réagiriez-vous?
Je vous ai dit mon âge tout à l'heure. Je ne serais pas très efficace puisque je ne vois pas grand-chose, mais sûrement je serais de leur côté.
Même si cela doit entraîner l'arrivée d'un Etat encore plus répressif?
Il serait répressif contre qui ? Contre quelques Blancs qui ne sont pas gênés de mener la répression aussi bien en Algérie qu'au Maroc et ailleurs.
Autrement dit votre raisonnement serait : tant pis si les Etats blancs se font à eux-mêmes ce qu'ils ont infligé à d'autres?
En quelque sorte. Je dirais même : tant mieux.
Vous n'êtes jamais aussi souriant que quand vous décrivez un certain malheur...
Le malheur de qui? Tout de même, ce n'est pas le malheur des misérables qui me fait sourire.
Mais vous savez très bien que quand un Etat se renforce, ce sont les pauvres qui trinquent d'abord.
Les Français ne sont pas pauvres. Le véritable pauvre, en France, c'est le travailleur immigré. Les Français ne sont pas pauvres. Ils bénéficient du fait que la France a été un empire colonial.
Il y a quand même cinq millions de français qui gagnent moins de 3000 F par mois, ça fait du monde.
Non, ça fait pas tellement de monde, vous savez, sur cinquante-trois millions.
Il n'y a pas de pauvres en France?
De Français, proportionnellement moins qu'ailleurs. Peut-être pas moins qu'en Allemagne de l'Ouest ou qu'en Suède mais moins qu'aux Etats-Unis où, dans certains ghettos noirs, il y a une misère épouvantable.
Vous faites une distinction définitive entre la misère des Blancs et la misère des autres?
Ce n'est pas moi qui fais la distinction.
Quand il s’agit de Blancs, ça vous paraît moins injuste, ça ne vous touche pas?
C’est-à-dire que jusqu'à présent les Noirs ne m'ont encore rien fait.
On dirait que quand un Blanc est asservi, pour vous ce n'est pas grave.
Non en effet.
Ca rend coupable d'être blanc ? Une sorte de péché originel ?
Je ne pense pas que ce soit le péché originel ; en tout cas pas celui dont parle la Bible. Non, c'est un péché tout à fait voulu.
Vous n'avez pas voulu être Blanc, que je sache?
Ah! dans ce sens, en naissant blanc et en étant contre les Blancs j'ai joué sur tous les tableaux à la fois. Je suis ravi quand les Blancs ont mal et je suis couvert par le pouvoir blanc puisque moi aussi j'ai l'épiderme blanc et les yeux bleus, verts et gris.
Vous êtes des deux côtés?
Je suis des deux côtés. Oui.
C'est une situation qui vous plaît?
En tout cas, c'est une situation qui m'a permis d'apporter la pagaille chez moi-même.
Il y a une pièce qui s'appelle les Nègres qui raconte assez bien tout ça.
Oui, peut-être.
Et les Polonais qui sont blancs de peau comme vous, qui n'ont colonisé personne et qui se font écrabouiller tous les trente ans, ça vous laisse indifférent?
Ils se laissent écrabouiller tous les trente ans... J'ai quand même envie de mettre fin à cette évocation en vous disant purement et simplement que ça les regarde, finalement. Ils se sont laissé écrabouiller, en effet, la moitié d'entre eux par les Soviétiques, l'autre moitié par Hitler, bien avant, c'était par les Suédois. Tout ça c'est des guerres entre Blancs, c'est presque des guerres provinciales, des guerres communales, presque la guerre des boutons.
Vous avez écrit un article dans le Monde qui a fait beaucoup de bruit. Vous sembliez donner raison sur pas mal de points à l'Union soviétique. Est-ce que, depuis l'invasion de l'Afghanistan, vous avez changé d'avis?
Non, je n'ai pas changé d'avis.
Ce sont pourtant des Blancs qui écrasent des non-Blancs.
Je ne sais vraiment pas et j'ai bien l'impression que vous non plus vous ne savez pas ce qui se passe en Afghanistan. Vous lisez le Monde qui est un journal de droite, même s'il a pris des positions pour Mitterrand, non?
C’est un autre débat.
Si vous voulez, mais enfin je vois les choses comme ça.
Il était un peu tout seul, le Monde, au moment de la guerre d'Algérie...
Non, il a très bien su utiliser les guillemets. Il a su les utiliser quand il fallait.
Revenons à l'Afghanistan. Vous pensez qu'il n'y a pas oppression ?
Vraiment, j'en sais rien.
Là où il y a des chars, il ne vous paraît pas qu'il y a soupçon d'oppression?
Y a-t-il autant de chars que vous le dites?
On en montre. On montre aussi des partisans dans la montagne qui ne sont pas le contraire des Nord-Vietnamiens dont vous parliez tout à l'heure, mais on n'était pas sur place non plus pour le vérifier.
Vous n’engagez pas avec moi un vrai débat. Vous ne vous mouillez pas. Vous me laissez me mouiller mais sans vous, vous ne bougez pas.
Ce n'est pas moi qu'il s'agit d'entendre.
Je veux bien répondre à toutes nos questions.
Vous pensez que les Soviétiques ont moins tort d'être à Kaboul que les Américains à Saïgon?
Je pense que le pouvoir, quel qu'il soit, c'est le pouvoir. Pourtant si un gosse, un enfant de trois ans ou de deux ans prenait pour s'amuser un flacon de cyanure, je m'arrangerais pour le lui enlever. Cet asservissement de certains peuples dont vous parlez, je n'en suis pas très sûr. Je n'ai pas de preuves parce que tous les journaux qui me renseignent sur l'Afghanistan sont des journaux du système dans lequel nous vivons actuellement et qui est tellement antisoviétique.
S'il y avait une guerre directe entre l'URSS et l'Amérique, vous seriez de quel côté?
Evidemment du côté de la Russie.
Pourquoi?
Parce que la Russie déstabilise, c'est un ferment. Les Etats-unis ne me semblent plus être un ferment.
Ferment de quoi?
Je ne sais pas encore, en tout cas de désordres pour vous, pour le monde occidental.
Et pour sa population, vous pensez que l'URSS est un ferment?
Je n'ai jamais mis les pieds en Russie. Mais j'ai été aux Etats-unis. Je peux imaginer l'Union soviétique après avoir vu les Etats-unis.
La liberté à l'américaine n'est le ferment de rien du tout?
C'est un peu le genre de question que j'ai posée à Angela Davis. Evidemment, elle avait déjà choisi l'Union soviétique.
Mais vous croyez vraiment à l'avenir de ce désordre, de cette inquiétude que déclenche l'Union soviétique ? Ou c'est parce qu'elle fait peur aux bourgeois?
Les deux. Je fais toujours confiance à l'inquiétude et à l'instabilité parce qu'elles sont signes de vie.
Elle n'est pas porteuse de mort du tout, cette force?
N'importe quoi est porteur de mort, évidemment.
Vous croyez à la force parce qu'on ne peut pas dire qu'elle pratique la conviction, la persuasion, l'URSS.
Si, aussi la conviction. Le monde occidental m'a piétiné, il ne m'a pas convaincu.
Vous avez dit que la divinité ou je ne sais quel dieu vous amusait, je voudrais savoir ce qui vous amuse dans ce dieu-là.
Si vous parlez du dieu des juifs ou finalement du dieu des chrétiens, il n'aurait peut-être rien de bien marrant. Mais il se trouve qu'on m'a fait le catéchisme. Le curé du petit village où j'ai été élevé - j'avais huit-neuf ans - était un curé qui passait pour avoir baisé toutes les femmes des soldats. Oui, les femmes qui étaient restés dans le village pendant la guerre. On ne le prenait pas très au sérieux; ça faisait un peu rigoler. Le catéchisme était raconté d'une façon si bêtasse que ça avait l'air d'une blague.
La beauté, vous en parlez parfois pour une personne, un visage. Plus généralement c'est quoi?
La beauté d'un visage ou d'un corps n'a rien à voir avec la beauté d'un vers de Racine évidemment. Si un corps et un visage rayonnent pour moi, ils ne rayonnent peut-être pas pour d'autres.
Donc, à chacun sa beauté, pour Racine comme pour un visage. Vous n'avez pas de définition de la beauté?
Non mais vous, est-ce que vous en avez une? Ca, ça m'intéresse.
Non, c'est la beauté de Genet qui est intéressante. Si on vous dit que vous avez énormément d'innocence sur le visage, ça vous vexe?
Non.
Ca vous flatte?
Assez, oui. Parce que nous savons maintenant que les innocents sont pervers.
Il y a un plaisir à prendre le visage de l'innocence et à se savoir pervers?
Je n'ai pas pris le visage de l'innocence. Si vous me dites que je l'ai, je l'ai. Si vous pensez que je ne l'ai pas, je l'ai pas. Mais j'aurais davantage de plaisir si vous me disiez que je l'ai et que vous pensiez que je l'ai.
Non seulement je pense que vous l'avez mais je trouve que l'ange de Reims a l’air d'une crapule à côté.
Le sourire de l'ange de Reims... Il est assez faux-jeton,vous avez raison.
 

5/08/2013

'.. hidden... royalty ...'

Solitude, as I understand it, does not signify an unhappy state but rather, hidden royalty, profound incommunicability, yet a more or less somber knowledge of an unassailable singularity.

2/05/2013

----------------------'Same' sex''

-----------------------------------------
  An irony to behold!
   in  a country where everyone screws everyone     ~  gENET'd  be laughing his guts out roaring his head over this    ~

mariage-homo-tous-



Mariage pour tous







/french-mps-gay-marriage-debate






mariage_personnes_meme_sexe.asp


-------------------------------------------------------------------
Tuesday, June 14, 2011

France lawmakers reject same-sex marriage bill 
Maureen Cosgrove at 12:59 PM ET


Photo source or description
[JURIST] The French National Assembly [official website, in French] on Tuesday voted 293-222 to reject a bill [materials, in French] seeking to legalize same-sex marriage [JURIST news archive]. The Union for Popular Movement (UMP) [official website, in French], a conservative political party lead by France's President Nicolas Sarkosy [official website, in French],opposed the bill [AP report] while the Socialist Party (PS) [official website] supported the proposal.


Same-sex couples can form civil unions in France,


but are not afforded inheritance or joint custody rights.


In January, France's Constitutional Council [official website, in French] ruled[opinion, text, in French] that the country's same-sex marriage ban [French Civil Code text] does not violate the constitution [text].


Same-sex marriage is recognized in several countries, including Belgium, the Netherlands, Spain,SwedenIceland and Norway [JURIST reports],


while several other countries, including the UK, France and Germany, recognize civil unions between same-sex partners.


Same-sex marriage has also been recognized nationwide in Canada andSouth Africa, and in jurisdictions in Mexico and the US [JURIST reports].